Si
la France a
pris
l'initiative
de convoquer
ce jeudi les
représentants
d'une
soixantaine
de pays,
c'est aussi
avec
d'autres
idées en
tête.
Préparer
l'instauration
d'un Etat de
droit et la
reconstruction
du pays
après 42 ans
dictature et
une guerre
de six mois
: c'est un
travail de
Titan qui
attend la
Conférence
des "amis
de la Libye"
qui se tient
à Paris ce
jeudi 1er
septembre.
Mais les
grand-messes
étant
rarement le
théâtre de
prises de
décisions
concrètes,
le but est
avant tout,
souligne un
diplomate
français, de
"porter le
message que
nous sommes
disposés,
nous,
communauté
internationale,
à aider
cette
Libye
nouvelle"
et d'écouter
le Conseil
national de
transition
(CNT),
l'organe
politique de
la
rébellion,
"préciser sa
feuille de
route
politique et
formuler ses
demandes",
comme l'a
souligné
Alain Juppé.
Il va
falloir
reconstruire,
voire
construire
tout
bonnement le
pays :
sécurité,
financement,
santé,
éducation,
infrastructures…
Autant de
défis qui
ont fait
l'objet de
réunions
préparatoires,
notamment à
l'Onu. On y
a en
particulier
discuté de
l'organisation
d'élections
dans un pays
où, "de
mémoire
d'homme,
aucune
élection n'a
jamais été
organisée",
comme l'a
observé Ian
Martin, le
conseiller
spécial du
secrétaire
général de
l'Onu Ban-Ki-Moon
pour la
préparation
de
l'après-conflit.
Ce sont les
raisons
avancées par
Paris pour
justifier la
tenue de
cette
Conférence.
Mais si la
France a
pris
l'initiative
de convoquer
cette
Conférence,
c'est aussi
avec
d'autres
idées en
tête.
La bataille
économique
En effet, si
certains
pays se sont
montrés
particulièrement
zélés en
affichant la
meilleure
volonté du
monde, c'est
que les
enjeux
économiques
de
l'après-Kadhafi
sont de
taille et
chacun
espère avoir
sa part du
gâteau. Le
Conseil
national de
transition
ne s'est
d'ailleurs
pas caché de
dire qu'il
saura
remercier
ceux qui
l'ont
soutenu. La
France
d'abord,
l'Etat le
plus engagé
dans le
conflit, qui
n'a pas
attendu la
chute du
colonel
Kadhafi pour
positionner
ses
entreprises
sur les
starting-blocks.
Des hommes
d'affaires
français se
sont rendus
en Libye au
début de
l'été.
Objectif
: assurer la
continuité
des contrats
signés sous
Kadhafi et
tâter le
pouls pour
en signer de
nouveaux.
"Sans
surprise,
cette
mission
concernait
des
entreprises
du secteur
des
hydrocarbures,
du génie
civil, des
équipementiers",
confie un
diplomate.
"Ces
contacts ont
été
prometteurs,
les
perspectives
considérables.
Nous allons
engager
début
septembre
une
manifestation
avec la
Chambre du
commerce et
le Medef
pour
susciter
encore plus
de vocation
de
partenariats
dans les
secteurs du
pétrolier,
du transport
et des
infrastructures",
souligne la
même source.
On comprend
ainsi mieux
l'empressement
de Nicolas
Sarkozy de
garantir au
nouveau
régime tout
son soutien.
C’est que
les
candidats
sont
nombreux.
Comme
le Nouvel
Observateur
le révélait
en juin
dernierb,
les
Britanniques
ont
rapidement
dépêché des
"experts" de
l’aide à la
reconstruction.
Parmi les
pays arabes,
les Emirats
Arabes Unis
et le Qatar
sont aussi
en bonne
position. En
revanche, le
soutien à
reculons au
début de
l’Allemagne
et de
l’Italie
pourrait
leur laisser
un goût amer
en les
reléguant à
des
positions
d'acteurs
secondaires
de la
reconstruction,
même si le
ministre des
Affaires
étrangères
italien
Franco
Frattini
assure
"qu'il n'y a
pas de
course pour
savoir qui
arrivera le
premier en
Libye".
Sécuriser
discrètement
le pays
Le volet
économique,
essentiel,
s'inscrit
cependant
dans le
cadre plus
large de
la gestion
militaire de
la
transition.
C'est la
toile de
fond de
cette
hyper-conférence.
En
convoquant
cette grande
assemblée,
Paris
cherche en
effet
probablement
à assurer
ses arrières
: au cas où
la Libye
sombrerait
dans le
chaos, le
fait d'avoir
été en
première
ligne
pourrait se
retourner
contre la
France.
Inviter tous
ces pays à
s'impliquer
dans la
planification
de la
reconstruction,
c'est
partager les
responsabilités…
En la
matière, le
défi du CNT
est multiple
: non
seulement
les combats
se
poursuivent
contre les
forces
restées
fidèles à
Kadhafi,
mais il va
falloir en
outre
sécuriser
des
installations
pétrolières,
organiser
une force de
police,
collecter
les armes
qui
pullulent
dans le pays
après six
mois de
combats,
démilitariser
les milices,
former une
armée
nationale…
Bref, il va
falloir se
mettre
d'accord sur
une solution
pour appuyer
le pouvoir
intérimaire
libyen dans
cette lourde
tâche, sans
pour autant
être trop
visible. Un
véritable
casse-tête
en
perspective.
Car après
avoir
bénéficié de
l'aide de
l'Otan
depuis six
mois, le CNT
craint
d'apparaître
sous tutelle
étrangère.
"S'il va
nécessairement
falloir
fournir à la
Libye une
nouvelle une
assistance
technique et
politique,
il ne
faudrait
surtout pas
mettre en
place une
force
militaire
occidentale,
de type
Afghanistan
après la
chute des
Talibans ou
de type Irak
après la
chute de
Saddam
Hussein",
avertit
François
Heisbourg,
conseiller
spécial à la
Fondation
pour la
recherche
stratégique.
Par Sarah
Halifa-Legrand
et Sarah
Diffalah.
|
Le président guinéen Alpha Condé a dénoncé la "complicité" des
gouvernements gambien et sénégalais dans l’attaque contre sa
résidence en juillet qu’il qualifie "d’attentat". Des
accusations diffusées dimanche par une radio privée sénégalaise.
Les accusations contre le
Sénégal
et la
Gambie
sont lourdes, et susceptibles de créer certaines tensions
diplomatiques. Le président
guinéen
Alpha Condé a dénoncé, dans un entretien diffusé dimanche par
Sud-FM, une radio privée sénégalaise, la « complicité » de ces
deux pays dans l’attentat dont il a été la cible en juillet.
«
Je pense
qu'il y a la complicité du gouvernement sénégalais
comme du gouvernement gambien, même s'ils disent qu'ils ont
manqué de vigilance », a affirmé le président guinéen. « Tout a
été préparé à Dakar », reprend-il, faisant référence à
l’attaque de
sa résidence par des militaires, le 19 juillet à
Conakry.
Lors de cette attaque, un membre de la garde présidentielle
avait été tué et deux autres blessés. Suite à l'attentat,
38 personnes
(25 militaires et 13 civils) ont été arrêtées dans le
cadre de l'enquête, 37 d'entre elles sont poursuivies pour «
attentat contre la sûreté de l'État » et « tentative
d'assassinat » du président, a indiqué le parquet général de
Conakry.
L’un des principaux responsables selon Alpha Condé appartient au
parti de son plus fervent opposant, Cellou Dalein Diallo. « Nous
savons très bien que le numéro 2 de l'UFDG (Union des forces
démocratiques de Guinée), Bah Oury (Amadou), qui a fui, nous
savons très bien qu'il a été un des principaux organisateurs ici
» en Guinée, a accusé le président. Qui précise que les réunions
de préparation de « l'attentat » contre sa personne se
déroulaient à l'Hôtel Méridien Président de Dakar.
Mais Alpha Condé met aussi en cause Cellou Dalein Diallo, ainsi
qu'un homme d’affaires proche du général Sékouba Konaté (le chef
de la transition guinéenne) et un ex-ministre secrétaire général
à la présidence guinéenne qui « est tout le temps en Gambie ».
Tous se trouvent actuellement à l’étranger.
"Cela ne pouvait pas se faire à leur insu"
« J'ai clairement dit au ministre (sénégalais des Affaires
étrangères) Madické Niang et au ministre des Affaires étrangères
de Gambie que j'estime (...) que les choses ont été préparées à
l'hôtel (Méridien) Président à Dakar, qu'il y a des va-et-vient
en Gambie et que j'estime que cela ne pouvait pas se faire à
leur insu », a dénoncé Alpha Condé.
Ses allégations ont été immédiatement rejetées par la présidence
sénégalaise. « Il ne peut être question d'implication du Sénégal
dans des problèmes de déstabilisation de la Guinée. (...) Le
Sénégal abrite deux millions de Guinéens, 300 000 Sénégalais
sont en Guinée », a rétorqué le porte-parole de la présidence,
Serigne Mbacké Ndiaye.
« Le président Wade - et ça, le président Alpha Condé en est
conscient - s'est beaucoup investi (...) pour que la Guinée
puisse assurer une transition et aller vers des élections
transparentes », a-t-il poursuivi. Selon lui, aucun des deux
gouvernements, sénégalais et gambien, ne peut être tenu
responsable de réunions privées. Du côté de Banjul, aucune
réaction n’avait encore filtré dimanche.
Le président guinéen n’est pas réputé proche de ses deux
homologues gambien et sénégalais. Mais une chose apparaît déjà
comme certaine : ses accusations risquent de provoquer de vives
tensions avec les deux États concernés, dont les présidents
avaient assisté à
l'investiture d'Alpha Condé.
(Avec AFP)
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C'est le 19 avril 2010 qu'ATT a exposé devant la Nation, au CICB,
son Projet de réformes politiques pour la consolidation de la
démocratie au Mali (PRPCD). En juillet dernier, le projet de loi
portant révision constitutionnelle a été adopté par l'Assemblée
nationale après moult tractations entre Koulouba et des barons
de l'ADEMA dont l'implication a permis le passage en force de
cette loi. A laquelle s’opposent maintenant toute la société
civile, le principal syndicat des travailleurs, l'UNTM, et une
frange importante de l'opinion qui se demande réellement à quoi
servira cette réforme qui vient si tard ? C'est-à-dire à huit
petits mois de la fin du mandat d'ATT.
L'Adema-PASJ, qui est la principale force politique du pays,
avait émis de sérieuses réserves sur le projet de loi portant
révision de la Constitution que son Comité exécutif avait
examiné le 15 juillet dernier lors de sa réunion ordinaire.
Mais suite à des tractations en coulisse et, aux dires de
certains, au palais de Koulouba, le parti de l'abeille est
revenu sur sa position et mené campagne pour le vote de la loi,
après que le pouvoir ait pris en compte certains des amendements
que le parti avait formulés. Il en est de même pour l'URD qui a
voté également le projet d'ATT alors qu'il avait (le parti)
beaucoup de réserves par rapport à différents points du projet
de loi. Les autres partis dits de la majorité ont voté dans le
sens de ne pas provoquer l'ire du palais en cette période de
grave crise de confiance entre les acteurs de la vie politique
de notre pays. s.
En tout cas, après l'adoption sans anicroche de son projet de
loi portant révision constitutionnelle, le président de la
République pouvait s'estimer soulagé car un éventuel rejet de ce
texte par les députés aurait signifié un camouflet sans nom pour
un ATT devenu quelque peu triste et moins reluisant, du fait des
multiples préoccupations et maux qui jalonnent la fin de son
régime. La corruption grandissante et généralisée, le
détournement des deniers publics en toute impunité, l'insécurité
visible même en plein cœur de la capitale, le soupçon qui pèse
sur ATT lui-même de vouloir procéder à une manipulation de la
Constitution dans le but de rester au pouvoir au-delà de son
mandat légal…sont des situations qui ont fait naître un état de
grande suspicion et d'un manque de confiance entre les acteurs
de la scène politique. Et une incrédulité de l'opinion face à la
pertinence des mesures prises ou envisagées dans la conduite de
l'Etat. L'appel pour un troisième opérateur de télécommunication
et le référendum font, par exemple, partie de ces sujets que le
Malien moyen a du mal à comprendre.
D'un côté comme de l'autre, les gens pensent que le pouvoir en
place est en train de préparer ses arrières étant sur le pied
de départ. Avec la paupérisation graduelle de la population, et
cela en dépit du prix de l'or, par exemple, qui ne cesse de
flamber mais que la Malien lambda est loin de ressentir sur son
pouvoir d'achat, le coût élevé des produits de grande
consommation, tel le kilo de viande cédé actuellement à 2500F
CFA alors que notre pays se prévaut de son statut de grand pays
d'élevage, l'insalubrité sous laquelle ploient les différents
quartiers de notre capitale…les Maliens sont en train de
désemparer, petit à petit, quant à la capacité des leaders
politiques à relever les défis actuels, multiples et
multiformes.
C'est donc dans cette atmosphère nauséabonde, de méfiance et
d'incrédulité de la population que le président ATT persiste et
signe : " Je mènerai à bon port mon projet de réforme
institutionnelle ". Comment pourra-t-il y arriver quand les
électeurs ont le moral au talon ? Face à l'opposition tous
azimuts que rencontre ledit projet, ATT ne sera-t-il pas obligé
de reculer et de mettre son projet de révision constitutionnelle
sous l'éteignoir ? Voilà toute la question que l'opinion
nationale ne cesse de se poser en cette fin de règne d'un
président, héros du 26 mars 1991, qui a été longtemps adulé.
Aujourd'hui, dans les grins et les salons huppés de Bamako,
personne ne comprend le sur-place sur cette question de
référendum affiché par le Gouvernement de Cissé Mariam K.
Sidibé. Alors que l'équipe qu'elle conduit a eu comme priorité
de réussir cette mission des réformes et des élections. Cinq
mois déjà qu'elle est en place, très peu a bougé sur ce terrain.
Madame le Premier ministre préfère visiter les champs de mil
plutôt que de s'assurer du bon ou du mauvais état du fichier
électoral dont la fiabilité doit être, à l'heure actuelle, sa
préoccupation majeure. Un échec sur ce terrain, ce qui semble
être déjà le cas, signifierait la fin avant terme de son bail à
la Primature.
Pour le moment, on n'en est pas là. Sauf que le temps presse
alors que le Gouvernement de Cissé Mariam K. Sidibé semble aller
à un pas de caméléon. A ce rythme, les prochains jours risquent
de réserver des surprises désagréables. Dans la mesure où il
faudra que quelqu'un paye l'immobilisme de l'actuelle équipe sur
les grandes questions qui constituent sa feuille de route. C'est
dire qu'un recul sur la question du référendum n'est pas une
simple vue de l'esprit. Le message à la Nation du 22 septembre
prochain est attendu, de ce fait, avec beaucoup d'anxiété.
D'abord pour le Gouvernement qui pourrait se voir
remercier…avant terme.
Mamadou FOFANA
Tout semble fin prêt pour la proclamation d’un État souverain à
l’ONU, le 20 septembre 2011. Mais l’absence d’un accord
politique avec Israël n’est pas pour faciliter les choses.
Reportage.
Dans un no man’s land au paysage lunaire, au pied des montagnes
arides de Judée, se dresse un vaste complexe bétonné et
ultramoderne. Le périmètre est ceinturé par un épais grillage,
des caméras de surveillance et une route de sécurité réservée
aux patrouilles de Tsahal. Un panneau blanc, à l’entrée du site,
souhaite néanmoins la bienvenue aux visiteurs. En bordure de la
Ligne verte, empiétant même légèrement dessus, Tarkumiya est
l’ultime obstacle israélien avant la Cisjordanie. Ce terminal
est placé sous le contrôle du ministère de la Défense, qui y a
affecté des gardes appartenant à un groupe de sécurité privé.
Tarkumiya, opérationnel depuis 2007, est l’une des six
plateformes de transbordement construites à la frontière entre
Israël
et le futur État palestinien. Arrivant des deux sens, plusieurs
centaines de camions viennent chaque jour y déposer leurs
marchandises. Ils ne sont pas autorisés à aller plus loin.
Appelés par la voix féminine d’un haut-parleur, les poids lourds
passent à tour de rôle sous un bras électronique censé détecter
la moindre trace d’explosif. À l’écart du dispositif, des
camions attendent la fin des inspections pour charger leurs
nouvelles palettes et repartir du côté israélien ou palestinien.
L’opération dure en moyenne une quarantaine de minutes. « Ces
contraintes sécuritaires posent problème, s’énerve Mohye Ahmad,
un vieil homme d’affaires palestinien venu spécialement
d’Hébron, 20 km plus loin, pour tenter d’accélérer la procédure.
À cause de ces fouilles, mes produits mettent plus de temps à
arriver jusqu’à Tel-Aviv. Il me faut aussi payer deux
chauffeurs. Si ça continue, j’enverrai mes marchandises à
Amman. »
L’effet Fayyad
Tarkumiya illustre de façon concrète la manière dont transitent
les importations et les exportations palestiniennes. Et aussi la
main-d’œuvre :
chaque matin, 3 500
ouvriers palestiniens munis d’un permis de travail empruntent ce
point de passage pour se rendre en Israël. Reste qu’avec des
taxes imposées à l’entrée et à la sortie, le terminal ne
constitue pas encore une zone de libre-échange. Mais il est
indispensable pour les paysans palestiniens, qui écoulent 60 %
de leurs récoltes sur le marché israélien. « Même en période de
tensions, Tarkumiya fonctionne normalement », se réjouit le
lieutenant-colonel Avi Shalev, chargé de la coordination
humanitaire et civile dans les territoires palestiniens. Ce type
de plateforme sert aussi à mener des projets de coopération
agricole et des échanges de savoir-faire. « Ici, on expérimente
des mesures destinées à établir progressivement une confiance
mutuelle », explique Shalev. En cas d’accord de paix, un tunnel
partant de Tarkumiya pourrait d’ailleurs relier la Cisjordanie à
la bande de
Gazaa,
à une trentaine de kilomètres au sud-ouest. Ambitieux, le projet
a été jeté aux oubliettes après que l’enclave palestinienne est
tombée aux mains des islamistes.
Les responsables israéliens sont unanimes. Depuis que Salam
Fayyad est le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, la
situation s’est radicalement transformée sur le terrain. « Les
Palestiniens sont engagés dans la construction d’un État et
considèrent que la sécurité fait partie intégrante de ce
processus, reconnaît un officier militaire de haut rang. Le coup
de force du
Hamass
à Gaza a abouti à une véritable prise de conscience. » Même si
Tsahal poursuit sporadiquement ses opérations d’arrestation, la
baisse drastique des attentats semble aussi liée à l’attitude
exemplaire des forces de sécurité palestiniennes. En gage de
reconnaissance, l’État hébreu a nettement réduit son dispositif
en Cisjordanie, comme le nombre de check-points, passé de 35 à
16.
Hawara, à l’entrée de Naplouse, est l’un d’entre eux. Si les
blocs de béton et les guérites sont restés en l’état, plus aucun
soldat israélien n’y est posté. Il y a quelques années, cette
localité était encore considérée comme l’un des bastions de la
seconde Intifada. Le repaire, aussi, des Brigades des martyrs
d’Al-Aqsa et d’autres groupes armés. Pour pacifier Naplouse, les
autorités ont dû convaincre de nombreux activistes de rejoindre
la police palestinienne en échange d’une amnistie. Ce qui a mis
un terme à l’anarchie et permis la confiscation d’importantes
quantités d’armes et de munitions. Aujourd’hui, 7 000
policiers sont affectés au district de Naplouse, le plus
important de Cisjordanie après celui d’Hébron.
Fébrilité
Ce renouveau est en grande partie l’œuvre du commandant Omar al-Bzour.
Le matin, cet homme au physique patibulaire ne rate jamais une
occasion d’aller inspecter ses troupes sur le terrain. Au
passage du commandant moustachu, entouré de trois gardes du
corps le doigt sur la gâchette, les regards se tournent.
Certains badauds s’arrêtent pour le saluer, tandis que des
policiers font mine de régler la circulation. « À cause du
ramadan, on renforce notre présence à chaque coin de rue,
explique Bzour, plutôt satisfait du comportement de ses hommes.
La population nous respecte, ça n’a pas toujours été le cas. » À
l’approche de la casbah et du souk, qui grouillent de monde,
l’effervescence est à son comble. Seuls quelques posters
de martyrs usés par le temps réveillent les fantômes du passé.
Maxime
Perez, envoyé spécial à Ramallah
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