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Le Pays est-il si malade?

Forum sur l’école, Etats généraux de la corruption, rapport de la Commis-sion Daba Diawara. Le mois est au bilan de santé

Et ce bilan-ci est d’autant plus sérieux qu’il est celui de nos organes vitaux
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Candidature de Modibo SIDIBE: Une équation à plusieurs inconnues

 

Sera-t-il candidat en 2012 à l’élection présidentielle ou ne le sera pas ? La question ne se pose  plus  au sujet  de l’ancien  premier  Ministre Modibo Sidibé. En effet, Modibo Sidibé, qui a démissionné de la  Police, a, suffisamment, balisé le terrain pour briguer  la magistrature  suprême. A présent, la question  qui se pose est celle  relative  à la couleur  sous laquelle il se présentera. Il n’est un secret  pour personne que Modibo  Sidibé  n’a pas  de parti  politique. Se donnera t-il  le temps  et les moyens  d’en créer ? Rien n’est moins sûr. D’ores et déjà, on s’interroge  sur le  parti qui  parrainera  sa candidature.

BAC 2011 Une erreur de frappe a fait d’un candidat le « 1er national »

 

A la proclamation des résultats du baccalauréat, le candidat Issouf Konaté du lycée Kampola de Kalaban Coro (série SH) était aux anges, pas seulement pour avoir réussi à décrocher son sésame mais surtout d’avoir vu devant son nom, la mention très bien. Hélas, cette joie de fierté du jeune Konaté a été de courte durée, car au retrait de ses relevés de note la semaine dernière, il a vu sa mention « Très bien » magiquement transformée en mention « Passable ». Pour en avoir  le cœur net, l’heureux candidat interpelle son censeur, qui l’indiqua par la suite que la première était une erreur de frappe.

 

GUINEE: Obama félicite "le peuple" et Konaté

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Guerre des Gangs à Bagadadji

Coups de feu, jets de projectiles divers... des jeunes gens se sont affrontés dans une bataille rangée pour défendre leurs territoires Que s’était-il...

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L’Afrique, nouvelle cible du terrorisme
Au-delà de sa fin, Ben Laden de son vivant, a érigé le terrorisme en menace suprême, et toute la géopolitique mondiale s’en est trouvé bouleversé
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Echos | L'indépendant | Le Républicain | Le Prétoire    | 22 Septembre

DERNIERS FLASH MALI

 

Mercato : Modibo Maïga, le malade imaginaire

Football : La Libye n'organisera pas la CAN en 2013:

L'Afrique du sud pourrait remplacer la Libye pour l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations qui aura lieu en 2013.

Nouveau trophée pour le Barça?

Quand le Barça remet le couvert. Après avoir dominé le Real Madrid en Supercoupe d'Espagne, Barcelone affronte le FC Porto en Supercoupe d'Europe, vendredi soir à Monaco.

 

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Le Conseil des Ministres s'est réuni en session ordinaire, le mercredi 07 Septembre 2011  dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence de son Excellence Amadou Toumani Touré......


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Notre compatriote Fantani Touré, artiste internationalement connu, vient d’être désignée par le Centre de la paix de l’UNESCO comme l’artiste de la paix de l’année 2011.

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ESPACE TECHNOLOGIE: Toute l'info sur les technologies

Linux fête ses 20 ans d'existence (MAJ)

Le 25 aout 1991, Linus Torvalds annonçait au plus grand . . . .

APPLE à l’heure du Cloud computing

Steve JOBS remonte sur scène aujourd’hui…

 

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LIBYE
GUINÉE
MALI

INTERNATIONAL

Libye : Les enjeux inavoués de la conférence de Paris

Alpha Condé accuse le Sénégal et la Gambie de "Complicité" dans l'attentat contre lui

Réforme institutionnelle : ATT va-t-il abandonner son projet de révision constitutionnelle ?

Reconnaissance de l'Etat Palestinien: ils ne pensent plus qu'à ça

 Si la France a pris l'initiative de convoquer ce jeudi les représentants d'une soixantaine de pays, c'est aussi avec d'autres idées en tête.

Préparer l'instauration d'un Etat de droit et la reconstruction du pays après 42 ans dictature et une guerre de six mois : c'est un travail de Titan qui attend la Conférence des "amis de la Libye" qui se tient à Paris ce jeudi 1er septembre. Mais les grand-messes étant rarement le théâtre de prises de décisions concrètes, le but est avant tout, souligne un diplomate français, de "porter le message que nous sommes disposés, nous, communauté internationale, à aider cette Libye nouvelle" et d'écouter le Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion, "préciser sa feuille de route politique et formuler ses demandes", comme l'a souligné Alain Juppé. Il va falloir reconstruire, voire construire tout bonnement le pays : sécurité, financement, santé, éducation, infrastructures… Autant de défis qui ont fait l'objet de réunions préparatoires, notamment à l'Onu. On y a en particulier discuté de l'organisation d'élections dans un pays où, "de mémoire d'homme, aucune élection n'a jamais été organisée", comme l'a observé Ian Martin, le conseiller spécial du secrétaire général de l'Onu Ban-Ki-Moon pour la préparation de l'après-conflit.

Ce sont les raisons avancées par Paris pour justifier la tenue de cette Conférence. Mais si la France a pris l'initiative de convoquer cette Conférence, c'est aussi avec d'autres idées en tête.

La bataille économique

En effet, si certains pays se sont montrés particulièrement zélés en affichant la meilleure volonté du monde, c'est que les enjeux économiques de l'après-Kadhafi sont de taille et chacun espère avoir sa part du gâteau. Le Conseil national de transition ne s'est d'ailleurs pas caché de dire qu'il saura remercier ceux qui l'ont soutenu. La France d'abord, l'Etat le plus engagé dans le conflit, qui n'a pas attendu la chute du colonel Kadhafi pour positionner ses entreprises sur les starting-blocks.

Des hommes d'affaires français se sont rendus en Libye au début de l'été. Objectif : assurer la continuité des contrats signés sous Kadhafi et tâter le pouls pour en signer de nouveaux. "Sans surprise, cette mission concernait des entreprises du secteur des hydrocarbures, du génie civil, des équipementiers", confie un diplomate. "Ces contacts ont été prometteurs, les perspectives considérables. Nous allons engager début septembre une manifestation avec la Chambre du commerce et le Medef pour susciter encore plus de vocation de partenariats dans les secteurs du pétrolier, du transport et des infrastructures", souligne la même source. 

On comprend ainsi mieux l'empressement de Nicolas Sarkozy de garantir au nouveau régime tout son soutien. C’est que les candidats sont nombreux. Comme le Nouvel Observateur le révélait en juin dernierb, les Britanniques ont rapidement dépêché des "experts" de l’aide à la reconstruction. Parmi les pays arabes, les Emirats Arabes Unis et le Qatar sont aussi en bonne position. En revanche, le soutien à reculons au début de l’Allemagne et de l’Italie pourrait leur laisser un goût amer en les reléguant à des positions d'acteurs secondaires de la reconstruction, même si le ministre des Affaires étrangères italien Franco Frattini assure "qu'il n'y a pas de course pour savoir qui arrivera le premier en Libye".

Sécuriser discrètement le pays

Le volet économique, essentiel, s'inscrit cependant dans le cadre plus large de la gestion militaire de la transition. C'est la toile de fond de cette hyper-conférence. En convoquant cette grande assemblée, Paris cherche en effet probablement à assurer ses arrières : au cas où la Libye sombrerait dans le chaos, le fait d'avoir été en première ligne pourrait se retourner contre la France. Inviter tous ces pays à s'impliquer dans la planification de la reconstruction, c'est partager les responsabilités

En la matière, le défi du CNT est multiple : non seulement les combats se poursuivent contre les forces restées fidèles à Kadhafi, mais il va falloir en outre sécuriser des installations pétrolières, organiser une force de police, collecter les armes qui pullulent dans le pays après six mois de combats, démilitariser les milices, former une armée nationale…

Bref, il va falloir se mettre d'accord sur une solution pour appuyer le pouvoir intérimaire libyen dans cette lourde tâche, sans pour autant être trop visible. Un véritable casse-tête en perspective. Car après avoir bénéficié de l'aide de l'Otan depuis six mois, le CNT craint d'apparaître sous tutelle étrangère. "S'il va nécessairement falloir fournir à la Libye une nouvelle une assistance technique et politique, il ne faudrait surtout pas mettre en place une force militaire occidentale, de type Afghanistan après la chute des Talibans ou de type Irak après la chute de Saddam Hussein", avertit François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique.

Par Sarah Halifa-Legrand et Sarah Diffalah.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le président guinéen Alpha Condé a dénoncé la "complicité" des gouvernements gambien et sénégalais dans l’attaque contre sa résidence en juillet qu’il qualifie "d’attentat". Des accusations diffusées dimanche par une radio privée sénégalaise.

Les accusations contre le Sénégal et la Gambie sont lourdes, et susceptibles de créer certaines tensions diplomatiques. Le président guinéen Alpha Condé a dénoncé, dans un entretien diffusé dimanche par Sud-FM, une radio privée sénégalaise, la « complicité » de ces deux pays dans l’attentat dont il a été la cible en juillet.

« Je pense qu'il y a la complicité du gouvernement sénégalais comme du gouvernement gambien, même s'ils disent qu'ils ont manqué de vigilance », a affirmé le président guinéen. « Tout a été préparé à Dakar », reprend-il, faisant référence à l’attaque de sa résidence par des militaires, le 19 juillet à Conakry.

Lors de cette attaque, un membre de la garde présidentielle avait été tué et deux autres blessés. Suite à l'attentat, 38 personnes (25 militaires et 13 civils) ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête, 37 d'entre elles sont poursuivies pour « attentat contre la sûreté de l'État » et « tentative d'assassinat » du président, a indiqué le parquet général de Conakry.

L’un des principaux responsables selon Alpha Condé appartient au parti de son plus fervent opposant, Cellou Dalein Diallo. « Nous savons très bien que le numéro 2 de l'UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée), Bah Oury (Amadou), qui a fui, nous savons très bien qu'il a été un des principaux organisateurs ici » en Guinée, a accusé le président. Qui précise que les réunions de préparation de « l'attentat » contre sa personne se déroulaient à l'Hôtel Méridien Président de Dakar.

Mais Alpha Condé met aussi en cause Cellou Dalein Diallo, ainsi qu'un homme d’affaires proche du général Sékouba Konaté (le chef de la transition guinéenne) et un ex-ministre secrétaire général à la présidence guinéenne qui « est tout le temps en Gambie ». Tous se trouvent actuellement à l’étranger.

"Cela ne pouvait pas se faire à leur insu"

« J'ai clairement dit au ministre (sénégalais des Affaires étrangères) Madické Niang et au ministre des Affaires étrangères de Gambie que j'estime (...) que les choses ont été préparées à l'hôtel (Méridien) Président à Dakar, qu'il y a des va-et-vient en Gambie et que j'estime que cela ne pouvait pas se faire à leur insu », a dénoncé Alpha Condé.

Ses allégations ont été immédiatement rejetées par la présidence sénégalaise. « Il ne peut être question d'implication du Sénégal dans des problèmes de déstabilisation de la Guinée. (...) Le Sénégal abrite deux millions de Guinéens, 300 000 Sénégalais sont en Guinée », a rétorqué le porte-parole de la présidence, Serigne Mbacké Ndiaye.

« Le président Wade - et ça, le président Alpha Condé en est conscient - s'est beaucoup investi (...) pour que la Guinée puisse assurer une transition et aller vers des élections transparentes », a-t-il poursuivi. Selon lui, aucun des deux gouvernements, sénégalais et gambien, ne peut être tenu responsable de réunions privées. Du côté de Banjul, aucune réaction n’avait encore filtré dimanche.

Le président guinéen n’est pas réputé proche de ses deux homologues gambien et sénégalais. Mais une chose apparaît déjà comme certaine : ses accusations risquent de provoquer de vives tensions avec les deux États concernés, dont les présidents avaient assisté à l'investiture d'Alpha Condé.

(Avec AFP)

 

 

 

C'est le 19 avril 2010 qu'ATT a exposé devant la Nation, au CICB, son Projet de réformes politiques pour la consolidation de la démocratie au Mali (PRPCD). En juillet dernier, le projet de loi portant révision constitutionnelle a été adopté par l'Assemblée nationale après moult tractations entre Koulouba et des barons de l'ADEMA dont l'implication a permis le passage en force de cette loi. A laquelle s’opposent maintenant toute la société civile, le principal syndicat des travailleurs, l'UNTM, et une frange importante de l'opinion qui se demande réellement à quoi servira cette réforme qui vient si tard ? C'est-à-dire à huit petits mois de la fin du mandat d'ATT.

L'Adema-PASJ, qui est la principale force politique du pays, avait émis de sérieuses réserves sur le projet de loi portant révision de la Constitution que son     Comité exécutif avait examiné le 15 juillet dernier lors de sa réunion ordinaire.

Mais suite à des tractations en coulisse et, aux dires de certains, au palais de Koulouba, le parti de l'abeille est revenu sur sa position et mené campagne pour le vote de la loi, après que le pouvoir ait pris en compte certains des amendements que le parti avait formulés. Il en est de même pour l'URD qui a voté également le projet d'ATT alors qu'il avait (le parti) beaucoup de réserves par rapport à différents points du projet de loi. Les autres partis dits de la majorité ont voté dans le sens de ne pas provoquer l'ire du palais en cette période de grave crise de confiance entre les acteurs de la vie politique de notre pays. s.

En tout cas, après l'adoption sans anicroche de son projet de loi portant révision constitutionnelle, le président de la République pouvait s'estimer soulagé car un éventuel rejet de ce texte par les députés aurait signifié un camouflet sans nom pour un ATT devenu quelque peu triste et moins reluisant, du fait des multiples préoccupations et maux qui jalonnent la fin de son régime. La corruption grandissante et généralisée, le détournement des deniers publics en toute impunité, l'insécurité visible même en plein cœur de la capitale, le soupçon qui pèse sur ATT lui-même de vouloir procéder à une manipulation de la Constitution dans le but de rester au pouvoir au-delà de son mandat légal…sont des situations qui ont fait naître un état de grande suspicion et d'un manque de confiance entre les acteurs de la scène politique. Et une incrédulité de l'opinion face à la pertinence des mesures prises ou envisagées dans la conduite de l'Etat. L'appel pour un troisième opérateur de télécommunication et le référendum font, par exemple, partie de ces sujets que le Malien moyen a du mal à comprendre.

D'un côté comme de l'autre, les gens pensent que le pouvoir en place est en train  de préparer ses arrières étant sur le pied de départ. Avec la paupérisation graduelle de la population, et cela en dépit du prix de l'or, par exemple, qui ne cesse de flamber mais que la Malien lambda est loin de ressentir sur son pouvoir d'achat, le coût élevé des produits de grande consommation, tel le kilo de viande cédé actuellement à 2500F CFA alors que notre pays se prévaut de son statut de grand pays d'élevage, l'insalubrité sous laquelle ploient les différents quartiers de notre capitale…les Maliens sont en train de désemparer, petit à petit, quant à la capacité des leaders politiques à relever les défis actuels, multiples et multiformes.

C'est donc dans cette atmosphère nauséabonde, de méfiance et d'incrédulité de la population que le président ATT persiste et signe : " Je mènerai à bon port mon projet de réforme institutionnelle ". Comment pourra-t-il y arriver quand les électeurs ont le moral au talon ? Face à l'opposition tous azimuts que rencontre ledit projet, ATT ne sera-t-il pas obligé de reculer et de mettre son projet de révision constitutionnelle sous l'éteignoir ? Voilà toute la question que l'opinion nationale ne cesse de se poser en cette fin de règne d'un président, héros du 26 mars 1991, qui a été longtemps adulé.

Aujourd'hui, dans les grins et les salons huppés de Bamako, personne ne comprend le sur-place sur cette question de référendum affiché par le Gouvernement de Cissé Mariam K. Sidibé. Alors que l'équipe qu'elle conduit a eu comme priorité de réussir cette mission des réformes et des élections. Cinq mois déjà qu'elle est en place, très peu a bougé sur ce terrain. Madame le Premier ministre préfère visiter les champs de mil plutôt que de s'assurer du bon ou du mauvais état du fichier électoral dont la fiabilité doit être, à l'heure actuelle, sa préoccupation majeure. Un échec sur ce terrain, ce qui semble être déjà le cas, signifierait la fin avant terme de son bail à la Primature.

Pour le moment, on n'en est pas là. Sauf que le temps presse alors que le Gouvernement de Cissé Mariam K. Sidibé semble aller à un pas de caméléon. A ce rythme, les prochains jours risquent de réserver des surprises désagréables. Dans la mesure où il faudra que quelqu'un paye l'immobilisme de l'actuelle équipe sur les grandes questions qui constituent sa feuille de route. C'est dire qu'un recul sur la question du référendum n'est pas une simple vue de l'esprit. Le message à la Nation du 22 septembre prochain est attendu, de ce fait, avec beaucoup d'anxiété. D'abord pour le Gouvernement qui pourrait se voir remercier…avant terme.

Mamadou FOFANA

 

 

Tout semble fin prêt pour la proclamation d’un État souverain à l’ONU, le 20 septembre 2011. Mais l’absence d’un accord politique avec Israël n’est pas pour faciliter les choses. Reportage.

Dans un no man’s land au paysage lunaire, au pied des montagnes arides de Judée, se dresse un vaste complexe bétonné et ultramoderne. Le périmètre est ceinturé par un épais grillage, des caméras de surveillance et une route de sécurité réservée aux patrouilles de Tsahal. Un panneau blanc, à l’entrée du site, souhaite néanmoins la bienvenue aux visiteurs. En bordure de la Ligne verte, empiétant même légèrement dessus, Tarkumiya est l’ultime obstacle israélien avant la Cisjordanie. Ce terminal est placé sous le contrôle du ministère de la Défense, qui y a affecté des gardes appartenant à un groupe de sécurité privé.

Tarkumiya, opérationnel depuis 2007, est l’une des six plateformes de transbordement construites à la frontière entre Israël et le futur État palestinien. Arrivant des deux sens, plusieurs centaines de camions viennent chaque jour y déposer leurs marchandises. Ils ne sont pas autorisés à aller plus loin. Appelés par la voix féminine d’un haut-parleur, les poids lourds passent à tour de rôle sous un bras électronique censé détecter la moindre trace d’explosif. À l’écart du dispositif, des camions attendent la fin des inspections pour charger leurs nouvelles palettes et repartir du côté israélien ou palestinien. L’opération dure en moyenne une quarantaine de minutes. « Ces contraintes sécuritaires posent problème, s’énerve Mohye Ahmad, un vieil homme d’affaires palestinien venu spécialement d’Hébron, 20 km plus loin, pour tenter d’accélérer la procédure. À cause de ces fouilles, mes produits mettent plus de temps à arriver jusqu’à Tel-Aviv. Il me faut aussi payer deux chauffeurs. Si ça continue, j’enverrai mes marchandises à Amman. »

L’effet Fayyad

Tarkumiya illustre de façon concrète la manière dont transitent les importations et les exportations palestiniennes. Et aussi la main-d’œuvre: chaque matin, 3500 ouvriers palestiniens munis d’un permis de travail empruntent ce point de passage pour se rendre en Israël. Reste qu’avec des taxes imposées à l’entrée et à la sortie, le terminal ne constitue pas encore une zone de libre-échange. Mais il est indispensable pour les paysans palestiniens, qui écoulent 60 % de leurs récoltes sur le marché israélien. « Même en période de tensions, Tarkumiya fonctionne normalement », se réjouit le lieutenant-colonel Avi Shalev, chargé de la coordination humanitaire et civile dans les territoires palestiniens. Ce type de plateforme sert aussi à mener des projets de coopération agricole et des échanges de savoir-faire. « Ici, on expérimente des mesures destinées à établir progressivement une confiance mutuelle », explique Shalev. En cas d’accord de paix, un tunnel partant de Tarkumiya pourrait d’ailleurs relier la Cisjordanie à la bande de Gazaa, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest. Ambitieux, le projet a été jeté aux oubliettes après que l’enclave palestinienne est tombée aux mains des islamistes.

Les responsables israéliens sont unanimes. Depuis que Salam Fayyad est le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, la situation s’est radicalement transformée sur le terrain. « Les Palestiniens sont engagés dans la construction d’un État et considèrent que la sécurité fait partie intégrante de ce processus, reconnaît un officier militaire de haut rang. Le coup de force du Hamass à Gaza a abouti à une véritable prise de conscience. » Même si Tsahal poursuit sporadiquement ses opérations d’arrestation, la baisse drastique des attentats semble aussi liée à l’attitude exemplaire des forces de sécurité palestiniennes. En gage de reconnaissance, l’État hébreu a nettement réduit son dispositif en Cisjordanie, comme le nombre de check-points, passé de 35 à 16.

Hawara, à l’entrée de Naplouse, est l’un d’entre eux. Si les blocs de béton et les guérites sont restés en l’état, plus aucun soldat israélien n’y est posté. Il y a quelques années, cette localité était encore considérée comme l’un des bastions de la seconde Intifada. Le repaire, aussi, des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa et d’autres groupes armés. Pour pacifier Naplouse, les autorités ont dû convaincre de nombreux activistes de rejoindre la police palestinienne en échange d’une amnistie. Ce qui a mis un terme à l’anarchie et permis la confiscation d’importantes quantités d’armes et de munitions. Aujourd’hui, 7000 policiers sont affectés au district de Naplouse, le plus important de Cisjordanie après celui d’Hébron.

Fébrilité

Ce renouveau est en grande partie l’œuvre du commandant Omar al-Bzour. Le matin, cet homme au physique patibulaire ne rate jamais une occasion d’aller inspecter ses troupes sur le terrain. Au passage du commandant moustachu, entouré de trois gardes du corps le doigt sur la gâchette, les regards se tournent. Certains badauds s’arrêtent pour le saluer, tandis que des policiers font mine de régler la circulation. « À cause du ramadan, on renforce notre présence à chaque coin de rue, explique Bzour, plutôt satisfait du comportement de ses hommes. La population nous respecte, ça n’a pas toujours été le cas. » À l’approche de la casbah et du souk, qui grouillent de monde, l’effervescence est à son comble. Seuls quelques posters de martyrs usés par le temps réveillent les fantômes du passé.

 Maxime Perez, envoyé spécial à Ramallah