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La Situation politique et sécuritaire au Nord

 

«OXFAM-GB », «Action pour la Faim», «LVIA» sont  les trois Organisations Non Gouvernementales qui ont donné le ton en optant pour la suspension complète ou partielle de leurs programes et activités en 7ème Région du Mali. Les motifs les plus apparents du retrait tiennent à la pression des cyber-menaces ainsi qu’aux enlèvements et arraisonnements à répétition, mais il semble que la conquête de cette partie du Sahara malien par les narcotrafiquants et autres trafiquants d’armes n’est pas non plus étrangère à leur décision. 

 

Certaines organisations non gouvernementales opérant au Mali n’ont visiblement pas résisté à la pression de l’insécurité grandissante dans le septentrion du pays. Et les bénéficiaires de leurs activités, des populations démunies de coins éloignés et généralement privés d’accès à la nourriture, aux soins de santé, à l’éducation et à l’eau potable, etc., seront condamnés au sevrage aussi longtemps que les autorités maliennes tarderont à trouver la solution appropriée aux équations du banditisme, du phénomène d’enlèvement d’hommes et de privation de biens. C’est en substance le message lancé par les ONG concernés, après avoir finalement décidé, depuis la semaine dernière, de plier bagages de la 7ème Région pour  rejoindre leurs bases respectives dans la capitale malienne.

On y dénombre «OXFAM-GB», «LVIA» et «Action pour la Faim». Si les deux premiers se sont retirés en maintenant leur programme, le dernier nommé a complètement suspendu jusqu’à nouvel ordre, en attendant de voir plus clair dans le maquis de l’insécurité septentrionale. Toutes motivent leur démarche, à en croire de sources bien informées, par une vague de menaces reçues sur leurs sites web respectifs. Le contenu des messages n’est pour l’instant pas connu et les raisons évoquées paraissent des plus superficielles car nos confidences mentionnent par aillieurs les récentes évolutions de la spirale d’événements criminels orientés contre les organisations caritatives en 7ème Région.

Le dernier en date s’est récemment déroulé en territoire nigérien (Tawa) mais dans le milieu des ONGs il se susurre que les ficelles  du forfait sont tirées depuis le Mali. En effet, il  y a une dizaine de jours environ, un citoyen européen travaillant pour le compte desdites organistions était la cible d’une tentative d’enlèvement couronnée d’insuccès. Il eut la vie sauve en s’échappant par la fenêtre de sa chambre d’hôtel, mais les pistes convergent toutes vers une provenance malienne des ravisseurs qui se sont repliés dans la zone du Tamasna (Mali) où ils entretiendraient des connexions Salafistes.

À cela se greffe, sans doute, des antécédents dramatiques comme le meurtre, il y a moins d’une année, d’un gardien d’OXFAM en plein centre de Gao, sans compter les multiples actes d’arraisonnements de convois sur fond de confiscations massives de véhicules. La dernière opération de cet acabit remonte à près de deux semaines avec l’enlèvement d’un véhicule d’ONG dans la même Cité des Askia.

Tout cela n’est manifestement que goutte d’eau dans la marre d’insécurité et de terreur instaurées par l’atterrissage et le transit d’une cargaison de drogue récemment opérés par des narcotrafiquants dans les environs de Bourem, à une centaine de kilomètres environ de Gao. Le cas de l’avion incendié par l’équipage après coup est une source réelle d’inquiétude, d’autant que confirmation a été donnée sur la régularité du genre d’opérations dans le Sahara malien. Mais plus effroyable encore l’indifférence apparente des autorités maliennes statiques devant une situation pourtant si alarmante pour la communauté internationale.  Il y a donc de quoi contraindre des ONG à l’abandon d’une zone laissée pour compte à une criminalité qui s’installe comme à demeure et en toute impunité.

A.Keïta