Message à la Nation du président Konaré à l'occasion du Nouvel an
2002:
LE TEMPS DES RÉFORMES MAJEURES ET DES GRANDES ÉCHÉANCES
LE TEMPS DES RÉFORMES MAJEURES ET DES GRANDES ÉCHÉANCES
Dans son message à la Nation à l'occasion du Nouvel an 2002, le président Alpha Oumar Konaré est revenu sur les grands chantiers qui attende
al de son message
"L'année nouvelle est en passe de se découvrir. Nous rendons grâce à Dieu de nous avoir sereinement conduits à ce rivage. Puisse le Tout-Puissant répandre sa miséricorde sur ceux des nôtres, arrachés à notre affection.
Chers compatriotes,
Au seuil du Nouvel an, nous adressons aux populations des campagnes et des villes, aux jeunes, aux femmes et aux travailleurs du Mali, à toutes les catégories socioprofessionnelles, à toutes les organisations confessionnelles, nos vœux ardents de santé, de quiétude et de prospérité.
A ces vœux, nous associons toutes les personnes venues d'horizons divers et qui vivent parmi nous en toute fraternité : les représentants des pays amis, des organisations internationales de coopération, les cadres expatriés qui donnent le meilleur d'eux-mêmes pour le développement du Mali.
Nous n'oublions pas, en cette heureuse circonstance, nos compatriotes qui vivent à l'extérieur du pays et qui continuent à lui dédier et leur force et leur énergie.
Chers compatriotes,
Chaque jour qui s'écoule nous invite à mesurer le chemin parcouru et à nous préparer à franchir des étapes nouvelles. C'est ainsi que s'établit le progrès constant et durable.
Nous mesurons à leur juste valeur les lourds sacrifices que vous avez consentis pour la paix et la stabilité dans notre pays, pour l'instauration et le renforcement de la démocratie.
Nous avons pleinement conscience des difficultés d'ordre matériel auxquels sont confrontés beaucoup d'entre vous, nous savons combien est grande votre soif de justice et d'équité, combien est légitime votre aspiration à plus de sécurité, combien sont grands les besoins que vous ressentez dans les domaines de l'Éducation et de la Santé.
Nous comprenons également votre impatience à accéder à plus de bonheur et de mieux-être. Notre conviction est que la mise en œuvre progressive, patiente, des réformes majeures que notre pays a entreprises apportera des réponses à certaines préoccupations aujourd'hui fortement exprimées.
En parlant de ces réformes majeures, de ces grands chantiers ouverts, nous pensons aux réformes économiques, au programme de décentralisation, cette grande architecture démocratique, aux programmes de développement de l'éducation, de la santé, de la justice. Il n'y a pas de doute, les contraintes sont nombreuses, les défis à relever sont multiples.
S'agissant de l'école, nous espérons que les enseignements qu'on a pu tirer de ces années de dysfonctionnement et de perturbation inclineront tous les partenaires de ce secteur à œuvrer pour que l'institution scolaire atteigne les objectifs qui lui ont été assignés, à savoir, assurer en permanence la formation d'agents capables de soutenir, de conduire et d'accélérer le développement économique, social et culturel de notre pays.
La mise en œuvre du Programme de développement de la justice (PRODEJ) a suscité un immense espoir au sein de nos populations.
L'État de droit ne peut faire l'économie d'une telle entreprise, support de la démocratie.
Nous devons agir quotidiennement, de façon cohérente, déterminée et volontariste pour que ces programmes ne s'enlisent pas ; de grandes frustrations en découleraient.
Chers compatriotes,
Nous avons, en plusieurs occasions, appelé votre attention sur d'importantes échéances que le pays s'apprête à vivre.
Dans deux semaines débuteront ici les compétitions de la Coupe d'Afrique des nations de football. La préparation de cet important événement a mobilisé les énergies des administrations nationales et régionales, des collectivités décentralisées, celles des populations, partout dans le pays. Il nous plaît ici de saluer les efforts considérables accomplis par les uns et les autres.
Les réalisations concrètes que l'on constate ça et là reflètent l'engagement de notre peuple et sa détermination à relever le défi.
L'organisation de la Coupe d'Afrique des nations fut conçue comme un projet de développement. Notre peuple est en droit d'être fier des stades, des aéroports, des infrastructures immobilières, routières, de communication, de santé, construits à la faveur de cet événement.
Maintenant que nous nous apprêtons à accueillir nos hôtes, nous devons sans relâche poursuivre les efforts afin que se manifeste encore une fois, dans toute sa splendeur la grande tradition d'hospitalité qui marque le parcours de notre pays.
Nul doute que notre peuple offrira tout ce qu'il peut donner pour mériter la confiance placée en lui et se révéler ainsi digne de l'attention et du soutien de ses amis, de toutes les bonnes volontés qui sont à ses côtés en la circonstance.
Nous devons unir nos forces pour que ce rendez-vous africain du football soit une fête, un triomphe éclatant de l'esprit sportif et des valeurs d'hospitalité. Le visiteur, l'hôte est un frère, une sœur, un ami, auquel devront s'ouvrir nos foyers ; la chaleur de l'accueil, nous en sommes persuadés, compensera la modicité des moyens matériels.
Chers compatriotes,
Sur un autre plan, les consultations électorales se profilent à l'horizon. Dans quatre mois, elles débuteront par l'élection du président de la République, puis suivra celle des députés à l'Assemblée nationale.
Il est impérieux pour notre peuple de les réussir dans la paix et la stabilité. La discorde, la faiblesse de l'échange, l'insuffisance de la consultation et l'impossibilité de la concertation, par conséquent de la participation raisonnée, ébranlent irrémédiablement les fondements de la démocratie.
Pour notre part, nous avons toujours estimé que la paix sociale était indispensable pour assurer le développement, le progrès social, l'accomplissement de l'individu et de la collectivité. Les manifestations d'amour-propre doivent s'effacer devant les exigences de l'amour pour le Mali et pour son peuple.
Dans cette conviction, nous fondant sur les enseignements que génère l'exercice démocratique du pouvoir, face à certaines incompréhensions suscitées par le projet de révision de la Loi constitutionnelle, nous avons demandé au gouvernement de surseoir à l'organisation du référendum.
Nous l'avons fait en toute responsabilité, conscients des missions qui sont les nôtres et déterminés à les assumer pleinement sans état d'âme chaque fois que l'intérêt national l'exige.
Nous avons apprécié que le gouvernement ait donné suite à cette décision que nous assumons à part entière. Encore une fois, la sauvegarde de la cohésion nationale, à nos yeux, n'a pas de prix.
Nous espérons que les dirigeants auxquels le peuple souverain confiera la conduite de sa destinée, pourront, quand les circonstances d'une sereine consultation référendaire seront réunies, recueillir sa décision sur les dispositions constitutionnelles que nous avons considérées pour notre part comme des avancées significatives pour la démocratie, dispositions évidemment susceptibles d'être améliorées par l'exercice du pouvoir.
Chers compatriotes,
Faisons face à l'avenir et pour cela, nous lançons un appel à la classe politique toute entière pour qu'elle s'implique de façon profonde dans le processus électoral, pour qu'elle combatte énergiquement la corruption politique afin que notre peuple en sorte grandi par son attachement irréversible à la démocratie.
Que représenterait un dirigeant qui aura procédé à l'achat des consciences, qui aura ainsi insulté notre peuple en méprisant son éthique et en agressant les valeurs sur lesquelles il se fonde ?
Nous savons que le Code électoral ainsi que le financement public des partis politiques continuent à soulever des intérêts certains, nous voudrions réaffirmer que réussir des élections transparentes, crédibles, dans un climat serein, constitue pour nous un objectif essentiel à atteindre.
Nous savons que le peuple malien partage cette préoccupation. Nous savons aussi qu'une telle ambition n'est pas au-dessus des capacités des acteurs politiques de notre pays.
Nous souhaitons vivement que la réalité conforte une telle opinion. Nous souhaitons que s'étouffe au sein de notre peuple l'appel de la passion qui aveugle les concurrents, qui fait apparaître les uns aux yeux des autres non comme le frère, la sœur, mais comme l'ennemi, le démon avec lequel on n'a plus rien à partager.
Chers compatriotes
Regardant au-delà de nos frontières, l'intégration régionale nous paraît comme un facteur essentiel du développement harmonieux de chacun de nos pays, de notre sous-région et de l'Afrique.
Nous avons pendant deux années consécutives, assumé la présidence de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) et de l'Union monétaire ouest africaine
(UEMOA).
Ces deux institutions ont enregistré dans une perspective complémentaire des avancées significatives dans le domaine de l'intégration.
Il no éversible par les populations africaines des idéaux qui sous-tendent l'Union africaine et la mobilisation effective autour du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique, conféreront à l'idéal d'intégration une assise solide et un rayonnement à la dimension des ambitions du continent.
Chers compatriotes,
Au moment où se dévoile l'année nouvelle, des hommes, des femmes et des enfants à travers le monde sont victimes de la violence, de l'intolérance, des ambitions démesurées qui s'exercent contre l'homme.
Nous souhaitons à ceux qui souffrent de la maladie et des conséquences des calamités naturelles, un peu plus de confort, de consolation et de quiétude.
La maladie du Sida constitue une menace grave pour la survie de nos peuples. La lutte contre cette pandémie requiert une mobilisation générale à laquelle nous n'avons cessé d'appeler nos concitoyens.
Aux peuples meurtris, à ceux qui se battent pour la reconnaissance de leurs droits et de leur dignité, à ces peuples martyrs, à l'héroïque peuple de Palestine, nous exprimons la solidarité du peuple malien.
Nous souhaitons que les habitants de la Terre parviennent à sublimer en un vaste courant d'amour et de solidarité, la haine, la violence, les atrocités qui font aujourd'hui tant de victimes innocentes.
Chers compatriotes, Amis du Mali,
Au seuil du Nouvel an, nous formons pour tous des vœux ardents de bonheur et de prospérité.
Bonne et heureuse année !"
|