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ACTUALITÉ

INFO-MATIN DU 10/01/02

L’Adema face  à la presse
La ruche va-t-elle sanctionner Mandé ?

Comme  il est de tradition, depuis le déclenchement du processus des primaires, devant aboutir à l’investiture du candidat du parti à l’élection présidentielle, la ruche était, dans l’après-midi d’avant-hier, face à la presse. Les débats ont porté sur le déroulement des travaux de la convention nationale et le départ du  gouvernement du candidat vainqueur de la courre de l’investiture. Le président du parti, Dioncounda Traoré, visiblement soulagé, était l’animateur principal de ce point de presse, qui a vu la participation des deux compétiteurs à la course de l’investiture de l’Adema, Soumaïla Cissé et son challenger, Soumeylou Maïga. Les deux hommes ont profité de l’occasion pour livrer leurs impressions personnelles et celles de la ruche sur le caractère inédit de l’événement. De plus, d’autres personnalités marquantes de la direction politique étaient présentes au point de presse. C’est  dire donc que le siège du parti au pouvoir était d’autant animé que la présence massive des militants et des responsables politiques du parti donnait à l’événement les allures des grands rendez-vous. Dans un  bref exposé, le président de l’Adema, Dioncounda Traoré, parlant de la convention nationale, dira qu’elle constituait un défi pour la Ruche tout par son fonctionnement  et l’exercice de la démocratie en sein  du parti. Estimant que les incertitudes et inquiétudes formulés, çà et là, parfois à l’intérieur du parti, étaient à mettre au compte de cette expérimentation première, le président du parti a reconnu que la ruche  a gagné le défi d’une expérience démocratique inédite au Mali et même  en  Afrique.

La ruche présente son candidat

Affectionnant les formules en emphatiques, pour exprimer certaines convictions, Dioncounda dire qu’à l’issue de ces primaires, le parti aura enregistré deux grands  vainqueurs, a savoir les deux compétiteurs qui ont poussé la procédure jusqu’au bout, et le parti, qui est sorti grandi de cette expérimente démocratique. L’occasion était ainsi solennelle d’autant que le parti des grands défis, qu’est Adema, en a profité pour présenter officiellement son candidat à l’élection présidentielle d’avril prochain. Soumaïla Cissé lui-même en rajoutera à l’émotion en affirmant qu’il comptait désormais se mettre en service du parti pour la  victoire finale. Cependant, compte tenu des circonstances de son départ du gouvernement, les journalistes n’ont pas manqué de porter le débat sur le terrain des intrigues politiques. Le ministre Soumaïla  Cissé a-t-il démissionné ? Ou a-t-il été simplement limogé ?

Les révélations de Dioncounda

 Le président de la ruche s’est livré à des révélations fracassantes pour desserrer l’étau de la confusion  et mettre un terme aux supputations autour du départ du gouvernement du candidat investi de l’Adema. Le Président de la ruche n’assimile point le départ de Soumaïla Cissé du  gouvernement à un limogeage. D’ailleurs, pour lui, il ne pouvait pas en être le cas d’autant que c’est le président de la République qui en a voulu ainsi après avoir loué les mérites de l’homme dans la conduite de l’action gouvernementale. En fait, selon toujours le  Président du parti, dès la fin des assises de l’instance d’investiture du candidat du parti, Alpha, ayant rencontré Dioncounda Traoré, en appréciant positivement le déroulement  de la procédure, aurait souhaité qu’il faille libérer l’heureux candidat afin qu’il s’occupe de l’organisation de sa campagne pour les prochaines joutes électorales. Autres révélations de taille : le président de la Ruche a affirmé  que le Président Konaré, en réaffirmant sa position initiale sur le choix du parti à l’élection présidentielle, a coupé court à toutes les supputations en affirmant qu’il ne saurait y avoir d’autre candidat de l’Adema après le sacre de Soumaïla Cissé. Voilà  des propose, assénés avec force convictions et assurances, qui relanceront le débat politique au sein de la Ruche, d’autant que le Premier Ministre Mandé Sidibé, est toujours donné comme candidat à l’élection présidentielle. Soumaïla Cissé, qui peut se targuer d’une longévité certaine au sein du gouvernement, n’est pas resté en marge de la polémique. L’homme affirmera, en quittant le gouvernement, pour s’occuper valablement de sa campagne, qu’il s’est senti particulièrement touché de recevoir les gratifications du président de la République et du Premier Ministre, Mandé Sidibé !

Le sort du Premier Ministre

Le PM,  Mandé Sidibé, est devenu un cas énigmatique pour la ruche : le chef de gouvernement, appuyé par un puissant mouvement  de soutien à sa candidature, dénommé ‘’Groupe d’action 2002’’, continue de faire valoir ses intentions présidentielles en marge du parti, lequel continue à lui accorder sa confiance à la tête du gouvernement. Comment  s’y prendre au sein de la Ruche ? Quoique le Président Dioncounda Traoré ait tenté rapidement d’évacuer la question, il n’en demeure pas moins que la ruche est soucieuse quant à la résolution cette équation d’autant qu’elle va plus loin pour écorcher la crédibilité même du parti. «S i c’était le cas que certains militants soient en porte  à faux avec les textes du parti, nous prendrons des mesures appropriées à leur encontre», a martelé le Président de l’Adema.

La corruption politique, l’achat des consciences ont été entre autres sujets abordés sur lesquels les responsables ruchers n’ont pas varié de langage. Tandis que des inquiétudes sur l’usage abusif et incontrôlé de l’argent sont exprimées jusqu’au cœur de la direction politique, certains responsables du parti, ayant mal apprécié la portée morale des dénonciations, tentent d’accabler les médias d’amateurisme récurrent. Au Mali, ou ailleurs, même dans les vieilles  démocraties, en période d’agitation électorale, la presse ne manque pas de révéler les frasques vécues. D’ailleurs, eu égard aux enjeux majeurs du scrutin présidentiel, dans l’affirmation du destin national, le débat, portant sur la moralité et l’éthique du processus en question ou même sur les acteurs, ne saurait être dissolu dans des procès d’intention du fait qu’il s’agit, au-delà des intrigues politiques, d’une fibre sensible de l’avenir ou de la stabilité de tout une nation. Laquelle est confrontée, pour notre cas, aux multiples défis de son épanouissement humain et économique.

Sékouba Samaké.

COMMUNIQUE

Conseil des Ministres du  28/11/2001 

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