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INFO-MATIN DU 10/01/02
MANDE
CONTRE CE-ADEMA
GUERRE DECLAREE ENTRE MANDE
ET LE CE ADEMA:
Bataille judiciaire contre motion de
censure
A peine que le candidat de l’Adema-PASJ
à l’élection présidentielle, Soumaïla CISSE, a été investi
pour défendre les couleurs de ce parti que son investiture est
fortement décriée par les partisans de Mandé qui ont décidé
de l’attaquer au tribunal. Cette détermination des partisans de
Mandé découle du fait que les responsables Adema ont violé leur
propre texte en favorisant les candidatures des deux autres
candidats au détriment de celle de Mandé. Mieux, ils pointent un
doigt accusateur vers ces mêmes responsables pour avoir ordonné
la séquestration des militants de Mandé et leur exclusion de la
procédure de vote. Indigné, le jour de la Convention, Bouréima
Guèye SISSOKO, Directeur régional du Commerce et de la
Concurrence, membre de la Section Adema en Commune VI, avait déjà
averti : « Mandé SIDIBE demeure candidat au nom de
l’Adema. Nous allons en procès. Tous les partis sont allés en
procès. Qu’est-ce qui nous empêche, nous aussi, d’aller
devant le tribunal ? ». Cette menace a été mise en exécution
et, de sources concordantes, les partisans de Mandé examineraient
avec des avocats la possibilité d’attaquer l’investiture de
Soumaïla CISSE, intervenue sur fond « de magouilles et
d’achat de conscience ».
Vers une nouvelle crise
Cet activisme des
partisans de Mandé est relatif au contenu de la lettre en date du
21 décembre que ce dernier avait envoyée au Président de l’Adema,
Dioncounda TRAORE, faisant part de son inquiétude par rapport aux
nombreuses violations du Code d'éthique. Le Groupe d’Action
2002 qui milite pour la candidature de Mandé a également fait
part, dans un communiqué datant du 7 janvier, ce qui suit :
«Dans sa lettre au lettre au Président de l’Adema-PASJ
datant du 21 décembre, Mandé SIDIBE faisait état de ses appréhensions
concernant la mauvaise préparation des primaires et les
violations du Code d’éthique.
Le Comité Exécutif,
au lieu de se donner le temps de la réflexion, a choisi de manière
arbitraire de considérer la lettre de Mandé comme un désistement.
L’histoire donnera cependant raison à Mandé SIDIBE au
lendemain du 23 décembre 2001. En effet, l’objectif
initialement visé, qui était de faire participer par le biais
des primaires les militantes et les militantes au choix du
meilleur candidat du parti aux futures élections présidentielles
ne sera pas atteint.
Lors de la Convention, les 5 et 6 janvier 2002, le Comité Exécutif
ne tiendra pas davantage compte des réclamations formulées par
tous les militants et militantes qui ont été privés du droit légitime
de porter leur choix sur Mandé SIDIBE à toutes les étapes de la
procédure et de partager leurs réflexions avec les autres
camarades sur les dysfonctionnements du parti et sur les moyens
d'y remédier (…) ».
On voit donc que les partisans de Mandé ne sont guère content du
déroulement des Primaires qui devraient aboutir à la Convention.
Le fait de saisir la justice pour invalider l’investiture de
Soumaïla CISSE aura pour conséquences de bloquer le processus déjà
entamé dont la finalité demeure l’hypothétique victoire de
Soumaïla à la présidentielle de 2002. Pourtant, les
responsables de l’Adema ne doivent pas minimiser cet acte posé
par les partisans de Mandé pour la simple raison qu’elle pourra
entraîner une nouvelle crise au sein de l’Adema. Surtout que le
candidat de la Ruche, sorti du gouvernement, demeure fragilisé
par rapport à Mandé qui conserve tous les privilèges liés à
sa fonction. En effet, Soumaïla CISSE, au cours de cette bataille
autour de la Convention et le fait de ne plus figurer dans le
gouvernement, perd 70% de ce qu’il bénéficiait. Tous ceux qui
l’entouraient au niveau de son ancien Ministère vont désormais
faire la courbette auprès de Ag Moussa, les commerçants qui lui
apportaient aide et assistance financière (lorsqu’il était
Ministre) réfléchiront par deux fois avant de s’engager pour
lui, n’étant pas sûrs qu’il ferait réellement le poids
devant les grosses candidatures de ATT, de IBK, etc. Autre facteur
qui pourrait déstabiliser le candidat de l’Adema, la division née
au sein du parti qu’il est censé défendre les couleurs en 2002
avec la tenue et le déroulement de la Convention. Soumaïla CISSE
devra faire face à trois foyers dans son parti : celui des
partisans de Mandé, de Boubèye et de son propre clan.
N’oublions pas tout de même que l’unité de façade observée
par le Comité Exécutif lors de la conférence de presse de l’Adema
cache mal les inquiétudes des militants. Boubèye peut être
d’accord avec le Comité Exécutif, mais ses partisans
auront-ils la même latitude que lui ? Attitude qui pourra se
traduire par un non massif à la candidature de Soumaïla CISSE au
profit d’autre candidat. C’est donc sur ces différentes
remarques que le candidat Soumaïla doit axer ses efforts pour,
tant soit peu, bloquer la stratégie de déstabilisation de sa
candidature par les partisans de Mandé.
Motion de censure des députés
Au cours de la conférence
de presse, le Président du parti, Dioncounda TRAORE, s’était
prononcé sur le cas Mandé en ces termes : « il n’y
a plus de problèmes. Je n’ai pas de connaissance des actions de
Mandé SIDIBE et d’autres personnes. Au moment venu, nous
prendrons les mesures qui s’imposent. Le consensus n’est pas
obligatoire et n’existe pas dans nos textes. Le consensus était
un souhait à cause des inquiétudes des uns et des autres, mais
il suppose des désistements, on ne peut pas obliger le parti à
aller au consensus ». Le Président de l’Adema fait-il
diversion ou est-il réellement en déphasage avec les données
propres de son parti ? En tout cas, du côté de l’Assemblée
nationale, les choses ne sont pas perçues de la même manière
que Bamako-coura. Pourtant, Dioncounda, en qualité de député,
devrait être au courant de l’intense activité que mènent ses
collègues contre Mandé. Nous pouvons comprendre qu’il n’a
peut-être pas le temps avec ces différentes activités de la
Convention à tâter le pouls de l’hémicycle. Mais, en qualité
de Président de l’Adema, c’est contre toute logique qu’il
ne soit pas informé de la motion de censure que les députés
(principalement ceux de Soumaïla) envisagent de déposer contre
Mandé « au cas où il ne se tiendra pas tranquille ».
Une réunion de concertation a même été commencée pour voir
l’éventualité d’une censure du gouvernement Mandé au cas où
il s’évertuait à continuer son œuvre de déstabilisation du
candidat du parti. «Nous attendons qu’il se manifeste pour déposer
une motion de censure contre lui. Et dieu seul sait qu’il y a
des choses sur lesquelles Mandé ne voudra pas qu’on se prononce »,
affirme un député. « Mandé devra tirer toutes les conséquences
de sa défaite à ces assises. Il a su, après avoir sillonné
quelques sections, qu’il n’a pas de chance pendant les
Primaires. Il a alors forcer le consensus. Mais, c’était méconnaître
les militants Adema. Au lieu que Soumaïla démissionne, c’était
plutôt Mandé, en tant Premier Ministre du gouvernement Adema,
qui devrait rendre le tablier parce qu’il n’a reçu que trois
petites voix en sa faveur. Que faut-il donc comprendre par là ?
Sinon qu’un simple désaveu à son endroit », renchérit
un autre député. Plus radical, ce député qui déclare « vouloir
mettre Mandé au pas au risque de croiser le fer contre Alpha
lorsque celui-ci tentera de s’y opposer. Car Mandé ne mérite
plus la place qu’il occupe ».
A travers ses propos, on mesure la détermination des députés
Adema d’en découdre avec le clan Mandé. Pourront-ils aller
jusqu’au bout ? C’est là l’épineuse question.
Risque pour l’Adema de
ne pas avoir de candidat à la Présidentielle
En le faisant, ils
seront face à une procédure judiciaire que les partisans de Mandé
ont l’intention de lancer contre l’investiture. Ils prennent
pour exemple le cas de l’Us-RDA en 1992 qui a vu deux clans
s’affronter : le clan soutenant Baba Hakib HAIDARA et celui
dirigé par Tiéoulé Mamadou KONATE. « La justice s’est
bel et bien prononcée là dessus. Pourquoi pas avec l’Adema.
Sommes-nous, à l’Adema, au dessus de la loi ? »,
s’interroge un partisan de Mandé. Mais, le problème demeure
entier lorsqu’on pose la question de savoir avec quel argument
les partisans de Mandé vont attaquer l’investiture de Mandé.
Pour un responsable de la campagne de Mandé, les arguments sont
nombreux et sont contenus dans les réserves que Mandé a eu à
formuler dans sa lettre adressée au Comité Exécutif. Mieux, déclare-t-il,
« des problèmes ont apparu dans le décompte des voix où
manifestement les chiffres ont été tronqués ». Pour notre
part, même si les partisans de Mandé, en qualité de militants
de l’Adema, peuvent attaquer une décision du parti, nous
pensons qu’ils devraient le faire au niveau de l’instance suprême
du parti. Sinon quel tribunal sera habilité à le faire ?
Les cas du Cnid, de l’Us-RDA, du RDP, etc. sont différents de
celui de l’Adema pour la simple raison que Mandé s’était déjà
disqualifié en annonçant se retirer des Primaires.
A bien analyser cette requête des partisans de Mandé, selon
certaines sources proches de l’entourage du Premier Ministre, le
but recherché est d’embourber l’Adema dans des procédures
judiciaires interminables dont la première décision reste le
sursis à exécution qui sera prononcé par le juge et en comptant
sur le délai imparti pour le dépôt de candidature, le candidat
de l’Adema pourrait voir sa candidature invalidée. Un plan
savamment orchestré qui a peu de chance, pour notre part,
d’aboutir.
En tout cas, ce serait un véritable coup de poignard dans le dos
de l’Adema si la requête des partisans de Mandé aboutissait.
L’erreur de Mandé
Le Premier Ministre,
Mandé SIDIBE, ne devait pas claquer la porte des primaires.
Justement son action aurait eu plus de chance d’aboutir en tant
que candidat aux primaires. Car, les mêmes réserves ont été
formulées par quelques partisans de Boubèye. Il aurait pu, avec
ce dernier, mener un front contre les partisans de Soumaïla et du
Président du parti, Dioncounda TRAORE dont les agissements ont
motivé les réserves ainsi formulées. En quittant les primaires
avant terme, il se met en porte-à-faux vis à vis des textes du
parti. Mieux, ses partisans sont allés jusqu’à croiser le fer
avec les deux autres candidats de l’Adema. La sanction prise par
le Comité Exécutif n’est pas fortuite, elle répond à une
question d’autodéfense des intérêts du parti. Mandé
n’appartenait plus à l’Adema, mais se plaçait inéluctablement
dans le rôle d’adversaire potentiel qui menaçait même
l’existence politique de l’Adema. Comment pourra-t-il alors
attaquer l’investiture de Soumaïla et en qualité de qui ?
Puisque le Comité Exécutif de l’Adema s’apprêterait à le
radier du parti pour travail fractionnel au sein du parti.
L’Adema n’a donc pas encore connu son heure de repos.
Mohamed SACKO
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