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la Presse Malienne

Semaine du 14 au 20 Janvier 2001

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LES ECHOS DU 7/12
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Ni cooptation ni plébiscite


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ACTUALITÉ

INFO-MATIN DU 10/01/02
MANDE CONTRE CE-ADEMA
GUERRE DECLAREE ENTRE  MANDE ET LE CE ADEMA
:
Bataille judiciaire contre motion de censure

A peine que le candidat de l’Adema-PASJ à l’élection présidentielle, Soumaïla CISSE, a été investi pour défendre les couleurs de ce parti que son investiture est fortement décriée par les partisans de Mandé qui ont décidé de l’attaquer au tribunal. Cette détermination des partisans de Mandé découle du fait que les responsables Adema ont violé leur propre texte en favorisant les candidatures des deux autres candidats au détriment de celle de Mandé. Mieux, ils pointent un doigt accusateur vers ces mêmes responsables pour avoir ordonné la séquestration des militants de Mandé et leur exclusion de la procédure de vote. Indigné, le jour de la Convention, Bouréima Guèye SISSOKO, Directeur régional du Commerce et de la Concurrence, membre de la Section Adema en Commune VI, avait déjà averti : « Mandé SIDIBE demeure candidat au nom de l’Adema. Nous allons en procès. Tous les partis sont allés en procès. Qu’est-ce qui nous empêche, nous aussi, d’aller devant le tribunal ? ». Cette menace a été mise en exécution et, de sources concordantes, les partisans de Mandé examineraient avec des avocats la possibilité d’attaquer l’investiture de Soumaïla CISSE, intervenue sur fond « de magouilles et d’achat de conscience ».

Vers une nouvelle crise

Cet activisme des partisans de Mandé est relatif au contenu de la lettre en date du 21 décembre que ce dernier avait envoyée au Président de l’Adema, Dioncounda TRAORE, faisant part de son inquiétude par rapport aux nombreuses violations du Code d'éthique. Le Groupe d’Action 2002 qui milite pour la candidature de Mandé a également fait part, dans un communiqué datant du 7 janvier, ce qui suit :
«Dans sa lettre au lettre au Président de l’Adema-PASJ datant du 21 décembre, Mandé SIDIBE faisait état de ses appréhensions concernant la mauvaise préparation des primaires et les violations du Code d’éthique.
Le Comité Exécutif, au lieu de se donner le temps de la réflexion, a choisi de manière arbitraire de considérer la lettre de Mandé comme un désistement.
L’histoire donnera cependant raison à Mandé SIDIBE au lendemain du 23 décembre 2001. En effet, l’objectif initialement visé, qui était de faire participer par le biais des primaires les militantes et les militantes au choix du meilleur candidat du parti aux futures élections présidentielles ne sera pas atteint.
Lors de la Convention, les 5 et 6 janvier 2002, le Comité Exécutif ne tiendra pas davantage compte des réclamations formulées par tous les militants et militantes qui ont été privés du droit légitime de porter leur choix sur Mandé SIDIBE à toutes les étapes de la procédure et de partager leurs réflexions avec les autres camarades sur les dysfonctionnements du parti et sur les moyens d'y remédier (…) ».
On voit donc que les partisans de Mandé ne sont guère content du déroulement des Primaires qui devraient aboutir à la Convention. Le fait de saisir la justice pour invalider l’investiture de Soumaïla CISSE aura pour conséquences de bloquer le processus déjà entamé dont la finalité demeure l’hypothétique victoire de Soumaïla à la présidentielle de 2002. Pourtant, les responsables de l’Adema ne doivent pas minimiser cet acte posé par les partisans de Mandé pour la simple raison qu’elle pourra entraîner une nouvelle crise au sein de l’Adema. Surtout que le candidat de la Ruche, sorti du gouvernement, demeure fragilisé par rapport à Mandé qui conserve tous les privilèges liés à sa fonction. En effet, Soumaïla CISSE, au cours de cette bataille autour de la Convention et le fait de ne plus figurer dans le gouvernement, perd 70% de ce qu’il bénéficiait. Tous ceux qui l’entouraient au niveau de son ancien Ministère vont désormais faire la courbette auprès de Ag Moussa, les commerçants qui lui apportaient aide et assistance financière (lorsqu’il était Ministre) réfléchiront par deux fois avant de s’engager pour lui, n’étant pas sûrs qu’il ferait réellement le poids devant les grosses candidatures de ATT, de IBK, etc. Autre facteur qui pourrait déstabiliser le candidat de l’Adema, la division née au sein du parti qu’il est censé défendre les couleurs en 2002 avec la tenue et le déroulement de la Convention. Soumaïla CISSE devra faire face à trois foyers dans son parti : celui des partisans de Mandé, de Boubèye et de son propre clan. N’oublions pas tout de même que l’unité de façade observée par le Comité Exécutif lors de la conférence de presse de l’Adema cache mal les inquiétudes des militants. Boubèye peut être d’accord avec le Comité Exécutif, mais ses partisans auront-ils la même latitude que lui ? Attitude qui pourra se traduire par un non massif à la candidature de Soumaïla CISSE au profit d’autre candidat. C’est donc sur ces différentes remarques que le candidat Soumaïla doit axer ses efforts pour, tant soit peu, bloquer la stratégie de déstabilisation de sa candidature par les partisans de Mandé.

Motion de censure des députés

Au cours de la conférence de presse, le Président du parti, Dioncounda TRAORE, s’était prononcé sur le cas Mandé en ces termes : « il n’y a plus de problèmes. Je n’ai pas de connaissance des actions de Mandé SIDIBE et d’autres personnes. Au moment venu, nous prendrons les mesures qui s’imposent. Le consensus n’est pas obligatoire et n’existe pas dans nos textes. Le consensus était un souhait à cause des inquiétudes des uns et des autres, mais il suppose des désistements, on ne peut pas obliger le parti à aller au consensus ». Le Président de l’Adema fait-il diversion ou est-il réellement en déphasage avec les données propres de son parti ? En tout cas, du côté de l’Assemblée nationale, les choses ne sont pas perçues de la même manière que Bamako-coura. Pourtant, Dioncounda, en qualité de député, devrait être au courant de l’intense activité que mènent ses collègues contre Mandé. Nous pouvons comprendre qu’il n’a peut-être pas le temps avec ces différentes activités de la Convention à tâter le pouls de l’hémicycle. Mais, en qualité de Président de l’Adema, c’est contre toute logique qu’il ne soit pas informé de la motion de censure que les députés (principalement ceux de Soumaïla) envisagent de déposer contre Mandé « au cas où il ne se tiendra pas tranquille ». Une réunion de concertation a même été commencée pour voir l’éventualité d’une censure du gouvernement Mandé au cas où il s’évertuait à continuer son œuvre de déstabilisation du candidat du parti. «Nous attendons qu’il se manifeste pour déposer une motion de censure contre lui. Et dieu seul sait qu’il y a des choses sur lesquelles Mandé ne voudra pas qu’on se prononce », affirme un député. « Mandé devra tirer toutes les conséquences de sa défaite à ces assises. Il a su, après avoir sillonné quelques sections, qu’il n’a pas de chance pendant les Primaires. Il a alors forcer le consensus. Mais, c’était méconnaître les militants Adema. Au lieu que Soumaïla démissionne, c’était plutôt Mandé, en tant Premier Ministre du gouvernement Adema, qui devrait rendre le tablier parce qu’il n’a reçu que trois petites voix en sa faveur. Que faut-il donc comprendre par là ? Sinon qu’un simple désaveu à son endroit », renchérit un autre député. Plus radical, ce député qui déclare « vouloir mettre Mandé au pas au risque de croiser le fer contre Alpha lorsque celui-ci tentera de s’y opposer. Car Mandé ne mérite plus la place qu’il occupe ».
A travers ses propos, on mesure la détermination des députés Adema d’en découdre avec le clan Mandé. Pourront-ils aller jusqu’au bout ? C’est là l’épineuse question.

Risque pour l’Adema de ne pas avoir de candidat à la Présidentielle

En le faisant, ils seront face à une procédure judiciaire que les partisans de Mandé ont l’intention de lancer contre l’investiture. Ils prennent pour exemple le cas de l’Us-RDA en 1992 qui a vu deux clans s’affronter : le clan soutenant Baba Hakib HAIDARA et celui dirigé par Tiéoulé Mamadou KONATE. « La justice s’est bel et bien prononcée là dessus. Pourquoi pas avec l’Adema. Sommes-nous, à l’Adema, au dessus de la loi ? », s’interroge un partisan de Mandé. Mais, le problème demeure entier lorsqu’on pose la question de savoir avec quel argument les partisans de Mandé vont attaquer l’investiture de Mandé. Pour un responsable de la campagne de Mandé, les arguments sont nombreux et sont contenus dans les réserves que Mandé a eu à formuler dans sa lettre adressée au Comité Exécutif. Mieux, déclare-t-il, « des problèmes ont apparu dans le décompte des voix où manifestement les chiffres ont été tronqués ». Pour notre part, même si les partisans de Mandé, en qualité de militants de l’Adema, peuvent attaquer une décision du parti, nous pensons qu’ils devraient le faire au niveau de l’instance suprême du parti. Sinon quel tribunal sera habilité à le faire ? Les cas du Cnid, de l’Us-RDA, du RDP, etc. sont différents de celui de l’Adema pour la simple raison que Mandé s’était déjà disqualifié en annonçant se retirer des Primaires.
A bien analyser cette requête des partisans de Mandé, selon certaines sources proches de l’entourage du Premier Ministre, le but recherché est d’embourber l’Adema dans des procédures judiciaires interminables dont la première décision reste le sursis à exécution qui sera prononcé par le juge et en comptant sur le délai imparti pour le dépôt de candidature, le candidat de l’Adema pourrait voir sa candidature invalidée. Un plan savamment orchestré qui a peu de chance, pour notre part, d’aboutir.
En tout cas, ce serait un véritable coup de poignard dans le dos de l’Adema si la requête des partisans de Mandé aboutissait.

L’erreur de Mandé

Le Premier Ministre, Mandé SIDIBE, ne devait pas claquer la porte des primaires. Justement son action aurait eu plus de chance d’aboutir en tant que candidat aux primaires. Car, les mêmes réserves ont été formulées par quelques partisans de Boubèye. Il aurait pu, avec ce dernier, mener un front contre les partisans de Soumaïla et du Président du parti, Dioncounda TRAORE dont les agissements ont motivé les réserves ainsi formulées. En quittant les primaires avant terme, il se met en porte-à-faux vis à vis des textes du parti. Mieux, ses partisans sont allés jusqu’à croiser le fer avec les deux autres candidats de l’Adema. La sanction prise par le Comité Exécutif n’est pas fortuite, elle répond à une question d’autodéfense des intérêts du parti. Mandé n’appartenait plus à l’Adema, mais se plaçait inéluctablement dans le rôle d’adversaire potentiel qui menaçait même l’existence politique de l’Adema. Comment pourra-t-il alors attaquer l’investiture de Soumaïla et en qualité de qui ? Puisque le Comité Exécutif de l’Adema s’apprêterait à le radier du parti pour travail fractionnel au sein du parti.
L’Adema n’a donc pas encore connu son heure de repos.

Mohamed SACKO

COMMUNIQUE

Conseil des Ministres du  28/11/2001 

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