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LES ECHOS DU 10/01/02
ÉLECTIONS GÉNÉRALES DE 2002
Alpha va en guerre contre l'argent
L'argent occupera une
grande place dans le débat politique à l'occasion de élections
générales à venir. Les primaires de l'Adéma ont ramené au
devant de la scène une question qui a toujours agité le
microcosme politique de notre pays.
Le Parti pour la Renaissance nationale (Parena) a été le premier
à tirer sur la sonnette d'alarme. Pendant les primaires de l'Adéma,
le parti du bélier blanc s'est fendu d'une déclaration en
stigmatisant "l'utilisation massive de l'argent et le déploiement
spectaculaire de moyens, menaçant les fondements de la démocratie".
Pour Tiéblé Dramé et ses partisans, l'étalage de moyens
financiers et matériels au cours des campagnes des primaires du
parti au pouvoir, "porte atteinte à la crédibilité de l'Etat
dans un pays où les 3/4 de la population vivent au-dessous du
deuil de pauvreté".
Comme pour répondre en écho au Parena, qui lui demandait de
prendre des mesures pour éviter la dictature de l'argent sur la
vie politique de notre pays, le président de la République Alpha
Oumar Konaré ne rate plus d'occasions d'aborder la question. Dans
son adresse du nouvel an, Alpha a montré du doigt les dangers de
"l'achat de conscience des électeurs" de la part des prétendants
à sa succession. Il faisait une allusion à peine voilée à la
campagne des primaires de l'Adéma.
Mardi, devant les diplomates à Koulouba, il a relancé le débat,
annonçant des mesures visant à limiter les dépenses électorales.
Pour Alpha, la non limitation des dépenses pourrait vicier l'équité
de la compétition électorale. En tout cas, il a suffisamment
exprimé sa volonté à créer des conditions d'une compétition
équitable pour tous les partis politiques. Reste à savoir quelle
forme ces mesures annoncées vont-elles prendre. Alpha va-t-il
suivre le Parena qui a proposé une loi pour le plafonnement des dépenses
électorales ?
Ce nouveau combat du président contre le diktat de l'argent en
politique obligera les partis à revoir leur stratégie de pêche
aux voix. La campagne électorale consiste, pour nos hommes, à se
rendre, surtout dans les localités reculées, pour proposer
t-shirt, ballons de football, sacs de sucre, cartons de thé, etc.
Le tout accompagné d'une profusion de promesses aussi
mirobolantes les unes que les autres. Les plus riches proposent
carrément les espèces sonnantes et trébuchantes pour convaincre
les électeurs à choisir leurs bulletins de vote. Privés d'aide
publique de financement, faute de pouvoir remplir les conditions,
des partis politiques seront réduits à essayer de contourner les
mesures de limitation des dépenses pour pouvoir mener leur
campagne.
Le plafonnement oblige les partis politiques à aller à la compétition
non plus avec l'argent mais avec les idées. Dans un pays où les
hommes politiques ne se distinguent par les projets de développement
qu'ils proposent aux citoyens, ce ne sera pas une sinécure. En
plus, les comptes partis politiques brillent par leur opacité. La
preuve : seuls 3 partis politiques ont pu remplir les conditions
d'accès à l'aide publique de l'Etat.
Bréhima Touré
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