|
LE REPUBLICAIN DU 17/01/02
DELINQUANCE FINANCIERE
La CENI de 1997 dans le collimateur de la justice
La gestion de la CENI
de 1997, à l'origine des élections les plus bâclées que
l'Afrique nouvelle ait jamais connues vient d'être mise à nue.
Le voile a été levé dans un rapport dit Audit de la CENI de
1997 et qui vient d'être remis au Président Alpha Oumar Konaré par la section des comptes de
la Cour suprême. Des révélations accablantes sont contenues
dans ledit rapport. En effet la section de la Cour des Comptes a
relevé des anomalies dans l'octroi et le traitement des marchés
suivants :
"Marché N°005 des 11/03/1998 et 7/01//1998
pour la fourniture de
544 millions de bulletins de vote attribué à Graphique Industrie
SA d'un monta de 3 284 000 000 Francs CFA
Non respect du délai
d'exécution de 15 jours.
- Livraison de 81 143
000 bulletins de vote livrés et reçus sur une commande de 544
millions
Marché N°35 du 13/05/1997 : Fourniture de
cartes d'électeurs, feuille d'émargement (Graphique Industrie)
Montant : 207
165 600 Francs CFA. On relève l'absence des PV de réception
Marché N°44 du 19/12/1997 pour la
fourniture de listes électorales (Graphique
Industrie). Montant 137
500 000 francs CFA
On relève l'absence de
PV de réception
Marché de 26 contrats
de presse attribué à plusieurs organes pour un montant de 236
670 500 francs Cfa. On relève
sur les 26 organes seules 4 ont justifié les sommes mises
à leur disposition soit 34 680 000 Francs CFA sur 236 670 500
francs CFA.
Marché N°16 et 36 des 27/03 et 16/1997
attribué à Hamidou S. Maïga conseiller en communication pour 48
500 000 francs CFA.
On relève pas de
justificatifs par rapport à la somme perçue
Marché "contrat de service passé"
Le paiement à Me
Mamadou G. Diarra de la somme de 6
139 200 francs CFA au titre du programme de renforcement de la
formation des présidents de vote, sans contrat entre Me Diarra et
la CENI, ni la moindre justification de l'utilisation de la somme
perçue par Me Diarra.
Dans le rapport d'audit, certaines recommandations ont été
faites :
Il s'agit les
responsables de la CENI à justifier :
* la somme de 2
793 802 438 francs CFA représentant la valeur du reliquat des
bulletins de vote non livrés sur le marché
de gré à gré N°005 et son avenant N°05 des 11/03/1997 et
7/01/1998, attribué à Graphique Industrie SA soit 462
856 600 francs CFA la valeur des bulletins de vote.
La somme de 257 818 500
francs CFA (39751+64860 CFA) représentant le reliquat de l'encre
indélébile non livrée sur le marché de gré à gré N°037 du
30/05/1997 attribué à Graphique Industrie.
Des remboursements exigés
Mahamane Rakibou Touré,
membre de la CENI : 2171 DM soit 694 720 francs CFA, complément
frais d'achat de véhicule accordé par la CEA (Commission électorale
d'Ambassade) de Bonn
- Inviter le président
de la CENI à justifier l'autorisation donnée à la CEA de Bonn
pour le paiement complément véhicule de M Touré 326 400 francs
CFA
- Vérification de la
gestion des fonds mis à la disposition de la CENI (siège)
Il faut rappeler que le
coût des élections de 1997 était de 21 002 532 286 francs CFA
Montant géré par la CENI: 19 236 293 800
francs CFA
Budget fonctionnement CENI: 4
416 024 312 francs CFA
Budget opérationnel électoral
: il se compose comme suit :
Cour constitutionnelle : 625 187 328
francs CFA
Ministère de l'Administration Territoriale : 910 187 328
francs CFA
Sécurité d'Etat
: 25 000 000 francs Cfa)
AMAP (Agence Malienne de presse et de publicité : 50 000 000
francs CFA
CNEAME (Comité d'Egal accès aux média d'Etat
: 66 720 000 francs CFA
Cette gestion dépasse
toute entendement. La CENI de 1997 a englouti près de 20
milliards de francs CFA dans des consultations électorales quasi
décriées par tout le monde. A titre de comparaison, le pont Fadh
a coûté 12 milliards de francs CFA et les élections générales
dans chacun des pays voisins au nôtre n'a pas atteint les 2
milliards. Elle constitue à n'en pas douter l'un des plus grands
scandales de la troisième République.
Le Président Alpha Oumar Konaré doit-il ranger ce rapport
d'audit dans les tiroirs ? On ne le pense pas surtout si on se réfère
au climat d'assainissement des finances publiques qui prévaut
chez nous. C'est donc à la justice de faire toute la lumière sur cette affaire conformément
aux vœux exprimés par l'ensemble de la classe politique
malienne.
Birama FALL
|