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LE SCORPION DU 28/11
PRIMAIRES DE L'ADEMA:
La totale confusion
L'Adema était parti
pour administrer une bonne leçon de démocratie au sein du parti à
l'ensemble de la classe politique malienne. Non content d'organiser
une véritable compétition à la base entre les militants aux postes
de dépités et de maires, le parti au pouvoir avait voulu étendre le
principe aux choix du candidat à l'élection présidentielle. L'idée
de la Convention a ainsi
fait son apparition et figure en bonne et due place dans les statuts
avec belle assurance que l'Adéma se mettra au dessus de la
municipalité des candidats. Et comme pour mieux baliser le chemin, la
direction du parti a introduit la notion de primaires pour opérer une
premier tri. On connaît la suite. Le Parti a quatre candidats sur les
bras. Mais comme les uns et les autres n'ont ni les mêmes cultures
politiques ou la même ethnie, certains dérapages ont été constatés
sur le terrain qui ont effarouché même les tenants les plus
farouches des primaires : distribution massive d'argent, violation des
statuts du parti., déstabilisation
de la base. Toutes choses qui ont inquiété les militants et qui ont
conduit le parti à solliciter un gel du processus et la création
d'une commission ad hoc chargée de veiller à l'observation
d'une certaine éthique pour épargner le parti. Deux semaines
après, force est de reconnaître que le brouillard s'est davantage épaissi
et les militants sont plus que jamais dans la confusion la plus
totale. La commission ad hoc donne
l'impression que les termes de référence se limitent à
constater le statu quo, c'est à dire que sur les quatre candidats, un
seul estime qu'il n'y a pas de problème et que rien ne peut et ne
doit empêcher la tenue des primaires. Il eut été plus intéressant
que la commission ad hoc propose des pistes et des solutions. Si elle
en est incapable, elle aura contribué à retarder le processus
inutilement et surtout à laisser une mauvaise perception. En ce sens
qu'aucun des candidats n'est ouvertement contre les primaires encore
moins contre le fait que le dernier mot revienne
dans tous les cas aux militants. Il est également loisible de
remarquer que le CE de l'Adema reste désespérément
silencieux. Or, à chaque étape, il est bon de faire le point
pour les militants et surtout pour la presse qui se cherche.
Heureusement que le groupe parlementaire a demandé hier, pour mettre
fin aux tergiversations, d'aller aux primaires. Ce qui constitue un
acte important et qui
devait permettre à
chacun de se mesurer.
Alpha dans l'arène
La semaine écoulée
compte dans l'histoire des
deux mandats du Roi Sans Souci; Le premier magistrat de la République
a décidé d'écouter les sirènes des militants ADEMA très soucieux
de sa fin de règne mais aussi de l'avenir du parti. De même que la
tendance politique a monté les enchères relativement
à un référendum loin de faire l'unanimité. Il ne peut ne
pas les écouter tant il serait concerné par l'avenir du parti
et de la République; Car Alpha serait
au bas de Koulouba à 56 ans, un âge mature et actif qui
n'autorise pas la retraite même pour un fonctionnaire à fortiori
Alpha. Surtout que le président de tous les Maliens, "l'aîné
sans être le plus âgé", affirme volontiers ne pas devenir un
ancien militant ou un retraité paisible, en tout cas pas de sitôt.
C'est tout cela qui fait que le président de la République militant
de première heure de l'Adéma et deux fois candidats heureux à la
candidature présidentielle ADEMA a décidé de monter au filet du
match des primaires qui commence à obscurcir
l'avenir du parti en amenuisant les chances du candidat
victorieux qui qu'il soit. Ce danger ne laisse pas indifférent le Roi
Sans Soucis qui a décidé d'apporter de l'eau au moulin de la
commission des six sages chargés de trouver une issue heureuse à
cette course de grosses cylindrées.
Ainsi, il demande à
l'arbitre et aux protagonistes de privilégier le fair-play sur la
rigueur des règles. Ce message, bien entendu, est entrain de
dessiner l'épilogue de la guerre à fleuret moucheté des primaires
et ses conséquences incalculables. Mais à quel prix ? Serait-ce sur
l'autel des statuts du Parti ?
A la commission des
sages et au CE de minimiser le coût du compromis en songeant à y
associer la plus large base. Ceci permettrait, à tout le moins , de
mettre la légitimité devant la légalité. Ce qui est politique du
reste. N'est-ce pas Majesté ? Le référendum est passé par là.
Mahamane H. CISSE |