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Actualité Semaine du 10 au 16 Décembre 2001
Actualité

LE SCORPION DU 28/11

PRIMAIRES DE L'ADEMA: La totale confusion

L'Adema était parti pour administrer une bonne leçon de démocratie au sein du parti à l'ensemble de la classe politique malienne. Non content d'organiser une véritable compétition à la base entre les militants aux postes de dépités et de maires, le parti au pouvoir avait voulu étendre le principe aux choix du candidat à l'élection présidentielle. L'idée de la Convention  a ainsi fait son apparition et figure en bonne et due place dans les statuts avec belle assurance que l'Adéma se mettra au dessus de la municipalité des candidats. Et comme pour mieux baliser le chemin, la direction du parti a introduit la notion de primaires pour opérer une premier tri. On connaît la suite. Le Parti a quatre candidats sur les bras. Mais comme les uns et les autres n'ont ni les mêmes cultures politiques ou la même ethnie, certains dérapages ont été constatés sur le terrain qui ont effarouché même les tenants les plus farouches des primaires : distribution massive d'argent, violation des statuts  du parti., déstabilisation de la base. Toutes choses qui ont inquiété les militants et qui ont conduit le parti à solliciter un gel du processus et la création d'une commission ad hoc chargée de veiller à l'observation  d'une certaine éthique pour épargner le parti. Deux semaines après, force est de reconnaître que le brouillard s'est davantage épaissi et les militants sont plus que jamais dans la confusion la plus totale. La commission ad hoc donne  l'impression que les termes de référence se limitent à constater le statu quo, c'est à dire que sur les quatre candidats, un seul estime qu'il n'y a pas de problème et que rien ne peut et ne doit empêcher la tenue des primaires. Il eut été plus intéressant que la commission ad hoc propose des pistes et des solutions. Si elle en est incapable, elle aura contribué à retarder le processus inutilement et surtout à laisser une mauvaise perception. En ce sens qu'aucun des candidats n'est ouvertement contre les primaires encore moins contre le fait que le dernier mot revienne  dans tous les cas aux militants. Il est également loisible de remarquer que le CE de l'Adema reste désespérément  silencieux. Or, à chaque étape, il est bon de faire le point pour les militants et surtout pour la presse qui se cherche. Heureusement que le groupe parlementaire a demandé hier, pour mettre fin aux tergiversations, d'aller aux primaires. Ce qui constitue un acte  important et qui devait  permettre à chacun de se mesurer.

Alpha dans l'arène

La semaine écoulée compte dans l'histoire  des deux mandats du Roi Sans Souci; Le premier magistrat de la République a décidé d'écouter les sirènes des militants ADEMA très soucieux de sa fin de règne mais aussi de l'avenir du parti. De même que la tendance politique a monté les enchères relativement  à un référendum loin de faire l'unanimité. Il ne peut ne  pas les écouter tant il serait concerné par l'avenir du parti et de la République; Car Alpha serait  au bas de Koulouba à 56 ans, un âge mature et actif qui n'autorise pas la retraite même pour un fonctionnaire à fortiori Alpha. Surtout que le président de tous les Maliens, "l'aîné sans être le plus âgé", affirme volontiers ne pas devenir un ancien militant ou un retraité paisible, en tout cas pas de sitôt. C'est tout cela qui fait que le président de la République militant de première heure de l'Adéma et deux fois candidats heureux à la candidature présidentielle ADEMA a décidé de monter au filet du match des primaires qui commence à obscurcir  l'avenir du parti en amenuisant les chances du candidat victorieux qui qu'il soit. Ce danger ne laisse pas indifférent le Roi Sans Soucis qui a décidé d'apporter de l'eau au moulin de la commission des six sages chargés de trouver une issue heureuse à cette course de grosses cylindrées.

Ainsi, il demande à l'arbitre et aux protagonistes de privilégier le fair-play sur la  rigueur des règles. Ce message, bien entendu, est entrain de dessiner l'épilogue de la guerre à fleuret moucheté des primaires et ses conséquences incalculables. Mais à quel prix ? Serait-ce sur l'autel des statuts du Parti ?

A la commission des sages et au CE de minimiser le coût du compromis en songeant à y associer la plus large base. Ceci permettrait, à tout le moins , de mettre la légitimité devant la légalité. Ce qui est politique du reste. N'est-ce pas Majesté ? Le référendum est passé par là.

Mahamane H. CISSE


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