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Actualité Semaine du 10 au 16 Décembre 2001
Actualité

LES ECHOS DU 28/11
FRANCIS LEBORGNE DG EDM - SA

La tarification de l’électricité avec l’arrivée de Manantali, le développement du réseau, l’entrée des investisseurs nationaux dans le capital, tels sont des sujets sur lesquels, le DG de EDM - SA, Francis Leborgne a bien voulu se prononcer dans l’interview qui suit.

Les Echos : Lors de votre rencontre avec la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, il a été largement question de la tarification du courant avec l’arrivée de Manantali. Est-ce qu’il aura une baisse ou une augmentation tarifaire avec Manantali ?

Francis Leborgne : Je crois qu’il faut revenir à la genèse de l’établissement de ce tarif. Les tarifs que nous avons trouvé en arrivant en 2000 étaient ceux qui avaient cours depuis 1999. Ils n’ont pas été modifiés malgré l’augmentation très importante du DDO. Au moment où ce tarif avait été établi, le litre du DDO était à 180 F CFA. Lorsque nous sommes arrivés, il était à plus de 300 F CFA. En fait, l’augmentation réelle des tarifs aurait dû être de 30 %. Elle a été de 5 %, parce que tout simplement le gouvernement a compensé la majeure partie de l’augmentation tarifaire. Le gouvernement, compte-tenu du fait qu’allait arriver Manantali et qu’avec Manantali le tarif allait baisser s’est dit ce n’est pas la peine d’augmenter à 30 % et de rebaisser. Il vaut mieux augmenter un tout petit peu de 5 % de manière qu’ensuite pour arriver au tarif réel on ait une toute petite marge à faire et non pas 30 % et redescendre à 20 %.

Les Echos : Concrètement, Manantali est-il un facteur de baisse de prix ?

F. L. : La réalité, c’est que le tarif est un tarif subventionné. Donc, avec l’arrivée de Manantali bien sûr et heureusement, le tarif va redescendre puisqu’il y a une différence de prix importante entre le thermique qui est de 120 F alors que Manantali est d’à peu près de 30 F. Mais cette baisse a déjà été inclue dans le tarif que nous pratiquons aujourd’hui. Ce que je veux dire, le tarif pour 2002 va connaître une légère hausse. Nous ne savons rien encore du pourcentage parce que ce tarif doit finaliser les coûts en fin novembre. Je viens de recevoir une proposition de la SOGEM sur les tarifs de Manantali. J’attends le dernier indice DDO qui doit paraître. Ensuite, je dois poser l’application de la formule de variation à la commission de régulation qui doit juger de l’application correcte de la formule de variation. L’arrivée de Manantali arrive à maintenir les prix de l’ordre de ce que nous avions : 4 F, 5 F. Si c’était le DDO, ce serait de 30 F d’augmentation. L’économie que nous faisons peut servir soit pour baisser encore le prix, soit d’alimenter le maximum de Maliens comme ce fut le cas de Nioro depuis avant hier (dimanche). L’option de la Chambre de commerce que je comprends bien est celle-ci : servons-nous de Manantali pour baisser le prix de l’électricité de ceux qui en ont. Or, l’option qui se trouve dans l’appel d’offre, c’est de multiplier le nombre de consommateurs. C’est cette dernière que nous avons choisi.

Les Echos : Des clients pensent qu’il y a une disparité de prix dans vos tarifications. C’est-à-dire que les habitants des anciens quartiers paient moins que les autres. Qu’en est-il ?

F. L. : Cela n’est pas exact. Le tarif est le même pour tous les consommateurs. Si des clients ont l’impression que leurs factures sont salées, qu’ils n’hésitent pas à réclamer. Par contre, le tarif est le même pour tout le monde. L’eau et l’électricité au contraire du téléphone ont leurs compteurs chez les clients. Ceux-ci ont la possibilité de vérifier si le chiffre est le bon. S’il y a des erreurs nous les rectifions. Nous avons mis au point un programme qui permet de détecter les très grandes différences. C’est vrai qu’il a eu très souvent des erreurs, des cas de manipulations d’index par nos agents. Il a eu des indexes qui n’étaient pas relevés. Il y a eu des gens qui ont accepté que nos agents les aident. D’un seul coup maintenant, on sait que l’on contrôle tout. Et d’un seul coup, il y a un rattrapage de tout ce qui n’a pas été compté. D’un seul coup ça fait mal. Ce que je voudrais dire, nous faisons un effort important c’est tolérance zéro. Nous avons tendu la main à tous ceux qui voulaient la prendre l’ont prises. La situation de ces personnes ont été régularisées aussi bien en interne qu’en externe. Ceux qui ont refusé de la prendre ou ceux qui vont tenter ou qui vont essayer de la faire aussi chez nous qu’à l’extérieur ne rendant pas un bon service à EDM-SA et ne se rendent pas un bon service à eux-mêmes.

Les Echos : Quel est le résultat de l’opération “Yafa” (pardon) que vous avez initié à votre arrivée et qui consiste à amener les agents corrompus à se faire dénoncer personnellement ?

F. L. : 12 173 branchements clandestins ont été déclarés. Nous n’avons pas demandé que les agents se dénoncent les uns les autres. Nous avons demandé que les agents ou consommateurs qui avaient mal fait se déclarent. Ça c’est fait de manière confidentielle. Je ne connais pas le non des agents, mais le président de la commission Yafa, M. Sow les connaît. Je ne veux pas les avoir. Par contre, tous ont réparé leurs fautes. Les branchements clandestins ont été rétablis, les consommations illégales ont été régularisées par un payement forfaitaire de 250 000 F CFA.

Les Echos : Une évaluation au niveau du personnel a révélé que beaucoup n’étaient pas efficaces : s’agira-t-il de les renvoyer ou de les recycler ?

F. L. : Il y a deux sortes de personnels inefficaces : il y a des personnels inefficaces parce qu’ils n’ont pas pu recevoir et qu’ils n’ont pas reçu une formation suffisante. Mais malgré ce manque de formation, ils ont envie que ça marche. Ils ont envie que EDM-SA réussisse. Ils ont envie que EDM ne soit pas “Énergie du mal” mais énergie du Mali SA. Pour cela nous les formons. Nous avons initié un programme de formation très important. Il concerne 500 personnes et cela fait à peu près trois mois. La formation est destinée aussi bien à des manœuvres qu’aux ingénieurs. Cette catégorie de personnels, c’est ceux qui veulent. Et puis, il y a ceux qui ne veulent pas. Ceux qui se sont installés à EDM pour faire du racket, pour détourner. Ceux dont le souci majeur est de faire des bénéfices individuels. Ceux-là, nous les abandonnons. Ce que j’espère, c’est que tous seront dans la première catégorie de personnels.

Les Echos : Vous faites du développement de vos réseaux un objectif majeur. Avez-vous une idée du montant que vous allez investir dans ce sens.

F. L. : 140 milliards de F CFA en 5 ans. Nous avons négocié avec des établissements financiers : Proparco et SFI l’une filiale de l’Agence française de développement et l’autre celle de la Banque mondiale. Nous avons retenu Proparco qui a un mandat d’arrangement. C’est-à-dire que Proparco va fournir lui-même 140 milliards CFA en 5 ans. A l’heure actuelle, le Mali est l’un des rares pays où les financiers ont envie d’investir. Nous avons été sollicité par la BOA, la KFW (la Coopération allemande), l’AFD (la coopération française), les banques locales. Celles-ci sont prêtes à accompagner notre financement. Nous allons émettre l’année prochaine des obligations pour 8 milliards CFA. Cela veut dire que le projet que nous entendons monter est crédible. Les 140 milliards permettent de reprendre toutes les installations vétustes, refaire tout ce qui est à refaire. C’est ainsi que nous avons changé les deux postes de Badalabougou qui sont vieux de 20 ans. Nous avons souci de poursuivre l’extension du réseau interconnecté. Nous voulons multiplier par 2 et demi le nombre de nos abonnés, de nouvelles villes seront alimentées. En 2020, 63 nouvelles villes seront électrifiés.

Les Echos : Dans le contrat qui vous lie à l’Etat du Mali, il est question de l’entrée dans le capital d’EDM-SA des privés ainsi que le personnel. Apparemment, cela tarde à se faire. Qu’est-ce qui ne va pas concrètement ?

F. L. : Le projet de gouvernement c’est de consacrer une partie de ses 40 % d’action d’un côté constitué en fonds pour le personnel qui deviendra actionnaire. Le reste sera proposé aux investisseurs nationaux. Le projet est en discussion au niveau du gouvernement. Je pense que, à l’heure actuelle, EDM n’est pas encore suffisamment attrayante pour les différents investisseurs pour qu’ils misent sur le marché. Je pense que c’est la raison pour laquelle le gouvernement attend pour mettre les 20 % d’actions sur le marché afin qu’il n’ait pas de dérive. On a connu par le passé trop de privatisations mal abouties pour qu’on ne soit pas prudent au bout du compte. Plus tard, c’est quelque chose qui va se faire normalement et très vite tant que ce sont des investisseurs qui vont frapper à la porte du ministère de l’Economie et des Finances pour déclarer qu’ils sont actionnaires.

Propos recueillis par
Abdrahamane Dicko
 et
Alexis Kalambry


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