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Analyse Semaine du 26 Novembre au 02 Décembre 2001

LES ECHOS DU 13/11

CONTRE LE PROJET DE CONSTITUTION
Le Sam engage l'épreuve de force

Adepte de l'épreuve de force, le Syndicat autonome de la magistrature a décidé mettre en danger le processus électoral pour montrer son mécontentement contre certaines dispositions du projet de Constitution.

Le Syndicat autonome de la magistrature (Sam) a bouclé, le dimanche dernier au Mémorial Modibo Kéita, son 3e congrès ordinaire qui s'est déroulé pendant deux jours. Le congrès a sanctionné ses travaux par une déclaration qui est en fait une protestation vigoureuse du Sam contre le projet de Constitution qui doit passer en référendum le 23 décembre prochain.
Tout en demandant le retrait du projet de Constitution, le Sam affiche son mécontentement face au retrait du pouvoir judiciaire au nombre des institutions de la République, l'attribution du pouvoir de nomination des membres de la Cour constitutionnelle aux seules autorités politiques... 
Pour mieux manifester son mécontentement, le Sam a démissionné de la Céni, de ses démembrements et de toutes autres structures intervenant dans le processus électoral.
A l'issue des travaux, un nouveau comité directeur de 20 membres, présidé par Hamèye Founé Mahalmadane Touré, le secrétaire général sortant, a été mis en place. Le renouvellement du comité directeur a donné lieu à des empoignades. Déjà à l'ouverture des travaux samedi, une pétition signée de Souleymane Coulibaly demandait le départ de Hamèye. M. Coulibaly reprochait à M. Touré d'avoir transformé le Sam en famille et pris des décisions qui n'étaient pas partagées par l'ensemble des magistrats.
Dans son discours d'ouverture, M. Touré avait dénoncé la tentative de récupération sinon la convoitise dont le Sam fait l'objet tant de l'intérieur que de l'extérieur. A l'en croire, le Sam est victime de son succès tant sur le plan des revendications que de celui de la sympathie dont il bénéficie auprès de ses camarades étrangers. Le président du Sam note comme marque de confiance l'adhésion de son syndicat à l'Union internationale des magistrats en novembre 1999 à Taipeh (Taiwan) et l'organisation à Bamako en avril 2001 de la rencontre du Groupe régional africain des magistrats.
Les responsables du Sam se disent fiers des victoires qu'ils ont engrangées. En témoigne le rapport moral d'activités. Plusieurs doléances du Sam ont été satisfaites. Qu'il s'agisse de la prime de judicature, de la construction et de l'équipement des palais de justice en bibliothèques, de la hausse des budgets de fonctionnement des cours et tribunaux ou de la dotation des magistrats en arme individuelle.
Le nouveau président du Sam a remercié dans son allocution d'ouverture le président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature des efforts personnels qu'ils a déployés pour l'aboutissement des revendications des magistrats.
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Abdoulaye O. Poudiougou a, quant à lui, révélé que les sacrifices importants consentis par le gouvernement aux magistrats traduisent l'importance de leur rôle dans la société. "La mission première d'un syndicat vise la satisfaction des intérêts de ses militants. Mais nous pensons aussi que le Sam a le devoir de s'investir pour une transformation qualitative de notre appareil judiciaire en renonçant à l'option de certaines épreuves de forces, devenues, hélas trop fréquentes dans notre société et qui parfois ne sied pas trop à sa mission de souveraineté", a imploré le ministre Poudiougou dans son allocution d'ouverture des travaux.

Abdrahamane Dicko



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