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CONTRE LE PROJET DE CONSTITUTION
Le Sam engage l'épreuve de force
Adepte de l'épreuve de force, le Syndicat
autonome de la magistrature a décidé mettre en danger le processus
électoral pour montrer son mécontentement contre certaines
dispositions du projet de Constitution.
Le
Syndicat autonome de la magistrature (Sam) a bouclé, le dimanche
dernier au Mémorial Modibo Kéita, son 3e congrès ordinaire qui
s'est déroulé pendant deux jours. Le congrès a sanctionné ses
travaux par une déclaration qui est en fait une protestation
vigoureuse du Sam contre le projet de Constitution qui doit passer en
référendum le 23 décembre prochain.
Tout en demandant le retrait du projet de Constitution, le Sam affiche
son mécontentement face au retrait du pouvoir judiciaire au nombre
des institutions de la République, l'attribution du pouvoir de
nomination des membres de la Cour constitutionnelle aux seules autorités
politiques...
Pour mieux manifester son mécontentement, le Sam a démissionné de
la Céni, de ses démembrements et de toutes autres structures
intervenant dans le processus électoral.
A l'issue des travaux, un nouveau comité directeur de 20 membres, présidé
par Hamèye Founé Mahalmadane Touré, le secrétaire général
sortant, a été mis en place. Le renouvellement du comité directeur
a donné lieu à des empoignades. Déjà à l'ouverture des travaux
samedi, une pétition signée de Souleymane Coulibaly demandait le départ
de Hamèye. M. Coulibaly reprochait à M. Touré d'avoir transformé
le Sam en famille et pris des décisions qui n'étaient pas partagées
par l'ensemble des magistrats.
Dans son discours d'ouverture, M. Touré avait dénoncé la tentative
de récupération sinon la convoitise dont le Sam fait l'objet tant de
l'intérieur que de l'extérieur. A l'en croire, le Sam est victime de
son succès tant sur le plan des revendications que de celui de la
sympathie dont il bénéficie auprès de ses camarades étrangers. Le
président du Sam note comme marque de confiance l'adhésion de son
syndicat à l'Union internationale des magistrats en novembre 1999 à
Taipeh (Taiwan) et l'organisation à Bamako en avril 2001 de la
rencontre du Groupe régional africain des magistrats.
Les responsables du Sam se disent fiers des victoires qu'ils ont
engrangées. En témoigne le rapport moral d'activités. Plusieurs doléances
du Sam ont été satisfaites. Qu'il s'agisse de la prime de
judicature, de la construction et de l'équipement des palais de
justice en bibliothèques, de la hausse des budgets de fonctionnement
des cours et tribunaux ou de la dotation des magistrats en arme
individuelle.
Le nouveau président du Sam a remercié dans son allocution
d'ouverture le président de la République, président du Conseil supérieur
de la magistrature des efforts personnels qu'ils a déployés pour
l'aboutissement des revendications des magistrats.
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Abdoulaye O. Poudiougou
a, quant à lui, révélé que les sacrifices importants consentis par
le gouvernement aux magistrats traduisent l'importance de leur rôle
dans la société. "La mission première d'un syndicat vise la
satisfaction des intérêts de ses militants. Mais nous pensons aussi
que le Sam a le devoir de s'investir pour une transformation
qualitative de notre appareil judiciaire en renonçant à l'option de
certaines épreuves de forces, devenues, hélas trop fréquentes dans
notre société et qui parfois ne sied pas trop à sa mission de
souveraineté", a imploré le ministre Poudiougou dans son
allocution d'ouverture des travaux.
Abdrahamane Dicko
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