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LES ECHOS DU 4/01/02:
Ni cooptation ni
plébiscite
"Le Nil est enfin arrivé au
Caire", déclarait
le Pr. Mamadou Lamine Traoré alors président de l'Adéma. C'était
à l'ouverture du premier congrès ordinaire de ce parti en
septembre 1994 qui se tenait contre tous les pronostics tenus dans
la presse. On connaît la suite. Dioncounda Traoré, actuel président
du parti majoritaire pourrait fort bien s'écrier que "le
Nil est enfin arrivé au Caire" en annonçant l'ouverture
de la 1ère Convention nationale demain au Palais des congrès.
Parce que tout a été dit sur cette expérience qui confirmera
que l'Adéma s'est bel et bien dédiée au rôle de cobaye. Et je
dois avouer que tout a été entrepris pour que cela n'aboutisse
pas. Que dis-je, il y a encore des activistes qui prennent leurs
vessies pour des lanternes et qui tentent avec l'énergie du désespoir
à empêcher les militants à choisir le candidat de l'Adéma.
Je ne le cache pas, je suis de ceux qui sont surpris, voire déçus
par le comportement pour ne pas dire l'acharnement de Mandé Sidibé.
De tous les candidats, il est le seul à ne pas avoir fait de
campagne pour la simple raison que son staff est constitué en
priorité de carriéristes et majoritairement de personnes
inconnues sinon dans les bataillons des militants du moins dans
les rangs des structures. Or, justement, la Convention ne laisse
de place ni à la cooptation ni au plébiscite.
Il s'agit de se battre dans les structures pour être choisi par
les militants. Ceux qui le supportent, de l'avis de nombreux
militants de l'Adéma, ignorent soit les textes, soit ils en font
une lecture sélective. Dans les deux cas, c'est impardonnable
pour des gens qui se veulent porte-drapeau. Parce que quand ils
affirment que le Conseil national a demandé le consensus, c'est
clair qu'ils veulent croire à leurs propres histoires. Le Conseil
national a donné mandat au CE de rechercher le consensus entre
les candidats déclarés pour une convention nationale apaisée.
Mais ce qui me surprend le plus, c'est que Mandé et ses
supporters se livrent à ce qui s'apparente à de la subversion au
sein de l'Adéma. Ses partisans animent un journal qui diffament
les deux candidats retenus par la direction du parti. Ses
partisans ont confectionné des pancartes insultant la direction
du parti, le président du parti, etc. Moi, quand je devrais
parler de consensus, ce n'est pas ce genre de démarche que
j'adopterai. Et puis, je crois sincèrement qu'il rend un mauvais
service à l'Adéma et à tous ceux qui le voient être dévoré
par une ambition qu'ils ne le connaissent et qu'ils découvrent ébahis.
La moralité de tout cela est que les activistes continueront leur
agitation mais les militants de l'Adéma éliront leur candidat
demain. La tolérance et l'esprit de démocratie auront voulu que
l'Adéma laisse l'expression libre des opinions contraires en son
sein. Il revient à ceux-là qui ne sont pas d'accord avec la
tenue de la Convention de s'aligner derrière la majorité.
Tiégoum
Boubèye MAIGA
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