Actualité oblige, je commencerai par la
déculottée des Aigles face aux Eléphants à Sikasso. Une de plus
serai-je tenté de dire quand je regarde la liste fort longue des
défaites et parfois des humiliations de notre équipe nationale
contre les Ivoiriens. Mais étant de l’école qui cultive la
patience et qui voit aux vertus du travail acharné, je pense qu’il
ne faut rien exagérer et surtout ne pas commettre ou renouveler l’erreur
qui consiste à jeter le bébé avec l’eau du bain (c’est ce qui s’est
passé après la défaite face à Guingamp où Romano Matte a été
remercié).
Il n’y a que le travail qui paiera. Je ne sais pas si j’exagère
un peu dans les comparaisons, mais il m’arrive de citer le parcours
de l’équipe de France avant le début de la Coupe du monde de 1998.
En dehors de son entraîneur Aimé Jacquet, il ne se trouvait personne
y compris parmi les joueurs pour croire que la France remporterait la
Coupe du monde qu’elle organisait.
Non seulement, elle a surpris tout le monde mais ce fut avec la
manière. Les Bleus qui avaient perdu presque tous leurs matches de
préparation s’étaient transcendés pour battre les meilleurs
même. C’est tout le mal que je souhaite pour nos Aigles. Je suis
modeste dans mes ambitions et il nous incombe nous journalistes de
demander aux Maliens moyens d’avoir des ambitions "moyennes".
Parce que logiquement, quand on regarde les autres qui viendront dont
les cinq mondialistes, je me dis qu’il faut savoir raison garder et
espérer que nos Aigles se battront comme des hommes et que s’il
devraient être battus, ce serait les armes à la main. Mais pour
cela, il y aura du sport. De tous les côtés.
Du côté des footballeurs qui devront mériter de porter le maillot
et qui devront être dignes d’écouter notre hymne national pour
pouvoir répondre à l’Appel du Mali.
Il y aura du sport dans le milieu des supporters
quand on sait qu’il y a autant d’entraîneurs que de supporters.
Il va y avoir du sport à la Cocan qui devra faire face à plusieurs
casse-tête dont le plus petit n’est certainement pas l’hébergement
quand on voit tous ces hôtels inachevés et tous ces hôtels achevés
mais de faible capacité.
Il va y avoir du sport à l’Adéma pour les primaires. Le consensus
recommandé par le peuple Adéma lors du 1er Conseil national n’ayant
pas marché, les candidats iront aux primaires pour se départager.
Contrairement à une idée abusivement distillée, la démarche du
consensus n’a jamais exclu les primaires et ceux-ci n’ont aucune
valeur statutaire. Bref, nous allons observer la compétition.
Comme beaucoup d’observateurs, je déplore la faiblesse de la
direction du parti, faiblesse due au fait que les membres s’étant
tous alignés dernière un candidat, ils ne peuvent être juges et
partis. Faiblesse matérialisée par la publication du code d’éthique
professionnelle tout en sachant que les interdits sont allègrement
violés sur le terrain. Faiblesse, qui contribue à polluer davantage
l’atmosphère parce que le CE est incapable de sanctionner les
contrevenants par rapport à toutes les décisions. L’idéal aurait
été que le CE de l’Adéma dressât le portrait-robot du candidat
de l’Adéma. Qu’il soit pris après ou pas, le CE aura au moins
fait montre d’un courage politique.
J’apprends que l’opposition, en tout cas, une partie de ceux qu’on
crédite abusivement d’une force sur le terrain, se prépare à un
autre combat : celui du mode de scrutin. Et surprise, ils sont pour le
scrutin majoritaire "intégral", c’est-à-dire à
deux tours. En regardant les chantres de cette approche, je retrouve
les mêmes qui se battaient pour le scrutin proportionnel intégral.
Il y a quelques années, on nous disait que le scrutin proportionnel
était le plus juste et qu’à ce titre chaque parti devrait être
représenté à l’Assemblée nationale. Maintenant qu’il y a une
dose de proportionnelle, au lieu de demander plus de courage pour
parvenir à la proportionnelle intégrale, ils freinent des quatre
fers, opèrent une volte-face pour demander le scrutin majoritaire.
Ils sont très forts en gymnastique. Il y aura du sport parce qu’il
ne manquera pas que des gens pour leur retourner leurs arguments qu’ils
ont lâchés et surtout leur demander ce qu’il y a eu comme
changement fondamental en cinq ans pour justifier qu’ils abandonnent
leurs certitudes. Peut-être qu’ils sont tellement convaincus qu’ils
gagneront qu’ils ne prônent plus la "justice"
électorale et se mettent dans la position d’exclure.
Bon à chacun ses illusions parce que même en sport il n’est pas
interdit de rêver.
TBM