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Opinion
LE
COURRIER DU 16/11:
UN ROUND D'EXPECTATIVE
La
problématique des primaires de l'ADEMA focalise de plus en plus
l'actualité politique nationale. En effet, première politique au
Mali, qui consiste à permettre aux sections de sélectionner deux
candidats que la Convention Nationale du parti départagera pour la
cause à l'élection présidentielle, les primaires commencent à
devenir un sujet d'inquiétude pour les militants, à la base et même
au sommet. Le constat est parti selon toute vraisemblance du vécu
dans certaines sections fortement embarrassées à opérer un choix
sans déchirure, sans débordement autodestruction. La situation force
d'imaginer un arrangement spécifique qui sans piétiner les textes
statutaires aidera le parti à corriger toute imperfection. Cela ne
s'appelle pas consensus, mais plutôt une approche réaliste dans
l'environnement politique actuel quasi pollué par la course effrénée
à la succession du président Alpha Oumar Konaré. Ou si vous voulez
un round de dédramatisation des primaires pour calmer les militants,
apaiser leurs appréhensions quant à la sauvegarde de la cohésion du parti, l'unique outil légitime de conserver le pouvoir. C'est sans doute
l'ensemble de ces équations, finalement préoccupant qui sont à
l'origine de l'initiative du premier Vice-président de l'ADEMA,
Soumeylou Boubèye Maïga, selon lequel le climat actuel n'est pas favorable à
une saine compétition. A y vouloir aller coûte que coûte sans préparation
préalable des militants, le parti risque d'en souffrir. Il appartient
à la direction du parti qu'aucun délai impératif ne bouscule si ce
n'est celui de la déclaration des candidatures et de la tenue de la
Convention, de réfléchir à un mécanisme ad hoc mais rigide de
tenue des primaires apaisées. Matériellement, cela se traduit par le
non envoi de la profession de foi de Soumeylou Boubèye Maïga.
Aux
dernières nouvelles, le Premier ministre Mandé Sidibé et le 2ème
Vice-président sursoient comme SBM à leur tour à l'envoi de leur
profession de foi dans les différentes sections dans l'entente d'une
plate forme digérable pour les militants candidats. Le comité exécutif
(CE), saisit de toute part, doit trancher définitivement entre
l'ouverture immédiate de la campagne et un round de mise en
confiance, de culture de sérénité. Il vient d'y penser en créant
une commission à cet effet.
Cependant
l'ambiance ainsi créée, montre que les limites d'analyse prospective
de beaucoup d'abeilles, oubliant que la course peut s'arrêter pour
chaque candidat à tout moment, mais pour le parti,
elle doit aller au delà de la Convention, voire même se matérialiser
le 8 juin 2002 par sa réinstallation au palais de Koulouba. Cette
possibilité pourrait certes s'offrir à un candidat abeilles à
condition qu'il ait la bénédiction de tout le parti, de tous les
militants quelque soit leur sensibilité. C'est cette certitude
d'union sacrée que doit régler la Convention. Il n'est pas encore
tard de la rechercher, l'entretenir, la conforter pendant les
primaires pour que celles-ci soient non une étape d'affaiblissement
du parti, mais un exercice dynamique,
une longueur d'avance sur les autres partis étant donné la proximité
de la Convention des échéances électorales (référendum
constitutionnel, présidentielle et législatives)
Sadou
Abdoulaye YATTARA |