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Tournoi d'inauguration
du stade du 26 mars:
LES AIGLES RANIMENT LE FEU SACRE
On leur demandait juste de prouver que nous
avions un effectif capable de livrer honorablement bataille durant la CAN. Ils
l'ont fait et plus encore
Le vendredi 12 octobre
2001 restera gravé pour toujours dans la mémoire de tous les maliens. Ce fut
l'occasion pour les uns et les autres, même ceux qui ont vécu l'événement à
partir de l'écran de la télévision nationale ORTM, de savourer les commodités
du stade du 26 mars, mais surtout d'apprécier le potentiel d'expatriés dont
notre pays pourra disposer pour faire face à l'échéance de la CAN 2002. Leurs
satisfactions était à double niveau. Les Aigles qui se sont alignés face au
Bafana-Bafana, vendredi dernier, étaient un peu à l'image du nouveau stade.
Qui constitue déjà une fierté, même s les travaux d'aménagement des
parkings et de créations de voies d'accès, prévus devront être activés.
L'autre satisfaction recueillie par le monde sportif malien, c'est bien
l'efficacité et l'état d'esprit de nos "professionnels" pendant
cette première rencontre du tournoi inaugural de cette nouvelle merveille de la
rive droite du fleuve Niger à Bamako.
En
effet, Bassala Touré et ses camarades expatriés qui ont composé l'équipe
malienne, ne pouvaient rêver d'exploit plus retentissant que cette victoire (2
buts à 0) aux dépens de l'Afrique du Sud, pour effectuer leur entrée dans la
dernière ligne de préparation de notre pays pour la CAN 2002. Rien ne dit
cependant que l'effectif qui a vécu ce tournoi inaugural du stade du 26 Mars,
constituera le groupe chargé de défendre nos couleurs au sein de l'élite
africaine des nations du 19 janvier au 10 février prochains, bien qu'il peut
constituer l'ossature.
Dans
le déroulement de la partie, il est difficile d'en tirer beaucoup de conclusion
face à des Sud africains privés de beaucoup de ténors, mais toujours fidèle
à leur style de jeu, méthodique, discipliné, très tactique et plein de
rigueurs et de concentrations. Le nouvel entraîneur national Henry Kasperzack,
en spectateur averti sur la tribune, aura sans doute mesuré les dimensions de
la tâche qui l'attend. Les Aigles devront néanmoins élever leur niveau de
jeu. Ils ont certes fait une entrée en matière efficace face aux Bafana-Bafana
avec notamment deux buts du niortais Mahamadou Dissa (27è) et Alfousseiny
Karembé du SR Colmar (83è), sur des services de Bassala Touré, mais n'ont pas
été très impressionnants. Ils ont affiché des carences au niveau du milieu
de terrain et devant les bus adverses, que sont le manque de complémentarité
et l'incohésion.
Les
50 000 spectateurs du stade du 26 mars, ont découvert vendredi une équipe qui
composait avec ses moyens, avec l'absence d'un vrai créateur et jouant surtout
sur ses quelques points forts. Avec des défenseurs entreprenants comme Adama
Coulibaly "Police" et Ibrahim Thiam dans l'axe, des latéraux teigneux
Abdoulaye Camara "Bako" et Cédric Kanté, (le premier était moins
prompt dans les relances et le second à court de souffle). L'équipe malienne
avait tous les moyens d'émerveiller encore plus le public. Mais dans l'entre
jeu, seul le capitaine des Aiglons Djibril Sidibé s'est révélé comme un véritable
récupérateur, au côté de Mahamadou Diarra Djila guère convaincant à cause
de ses nombreuses pertes de balles. La petite forme de Djila contribua à tuer
le génie du capitaine Soumaïla Coulibaly, qui s'essaya dans le rôle de récupérateur
à côté du junior Djibril Sidibé. Et Seydoublen Kéita à tenter des percées
en "solo", privant donc le petit Dissa et Bassala Touré de bons
services. Les adversaires vendredi des Sud africains avaient aussi les défauts
de leurs qualités également. Ils ont leur enthousiasme et leur envie de bien
faire, qui les amènent à se mettre eux même en difficulté. Cependant leur
tempérament était rassurant, car ils ne lâchent rien et s'accrochent comme il
faut. Quoiqu'on dise, ils ne pouvaient dans cette première retrouvaille, que
faire avec leurs moyens et ils ont gagné le défi à l'issue de la rencontre.
Jusqu'à étonner Ephrain Mashaba le coach sud africain. "l'équipe
malienne a franchement bien joué, en emballant contre toute attente la partie
d'entrée de jeu, et on a eu l'impression que ce n'était pas un match amical,
mais une finale de coupe. Mes joueurs débordés, ont tenté un retour à la
surface, mais les maliens poussés par leur public n'étaient prêts de lâcher.
Personnellement, j'ai tiré beaucoup de leçons dans cette rencontre, qui me
seront utiles pendant la compétition" a-t-il confié.
Comme
d'ailleurs, le briscard Phil Massinga, surpris par la tenue de l'équipe
malienne, "je n'avais pas pensé, à un tel niveau pour l'équipe malienne.
On a toujours cru que l'impression initiale était faite, mais les maliens ont
tenu la route et avec beaucoup de sérénité".
C'est
vrai, en mettant leur physique et leur technique individuelle au service du jeu,
nos expatriés se sont avérés des adversaires trop forts à l'occasion pour
les sud africains. Ils ont épuisé les Bafana-Bafana par un football tout en
mouvement et des envolées solitaires et ravageuses vers les buts de
l'impressionnant gardien Paul Evans. Les Sud-africains n'avaient cependant pas
assez de repères pour inquiéter les Aigles. Leur tactique se résumait à
faire mine de subir la pression et procéder par des contres sporadiques. Mais
toutes les déviations de Phil Massinga, en pivot dans la défense malienne, ne
troublèrent guère Ibrahim Thiam et ses coéquipiers en défense. Les
attaquants Zimmy Khauléza, Peter Rabolélé et Helman N'Khalélé se brisèrent
constamment les nez sur les impasses maliennes.
Il
fallait s'y attendre. En seconde rencontre disputée contre les Lions de l'Atlas
dimanche, le staff technique du Mali, devait de toute évidence, aligner le
reste des expatriés.
Boubacar
Diarra dit Becken de Fribourg (D1 allemande), qui avait manifesté tout son mécontentement,
pour n'avoir pas figuré parmi les partants de la première rencontre, s'est
finalement discerné en intégrant les rangs pour cette dernière rencontre au côté
de Ibrahim Thiam toujours impérial dans l'axe défensif. Vincent Doukantié,
David Coulibaly, Sammy Traoré, Dambou Traoré et Mamadou Bagayoko ne manquèrent
pas l'occasion de faire leur baptême de feu, devant un public mis en confiance
après la bonne tenue des nôtres lors de la rencontre initiale. Et le capitaine
Soumaïla Coulibaly, Bassala Touré et Ibrahim Thiam faisaient donc office de régulateurs
dans cette équipe remaniée à 80%. Face à une équipe marocaine, par moment
irrésistible, les partenaires du portier Abdoulaye Diakité, ont livré un âpre
combat mais ont aussi montré leurs limites. Poussée par une ambiance
exceptionnelle, le Mali ouvrait le score sur un coup franc bien ajusté par
Vincent Doukantié (8è). Ce mauvais début de match aurait pu saper le moral
des poulains de Humberto Coelho. Il n'en fut rien. Très volontaires,
accrocheurs, les Lions de l'Atlas parvenaient à endiguer les offensives
maliennes et sous l'impulsion du capitaine Ben Mahmoud Rachid, ils réussirent
très vite l'égalisation à la 11è sur leur premier corner. Le tir du
capitaine est dévié de la tête par le libéro Bekkari Adil monté en attaque
dansles filets de Abdoulaye Diakité. Le match s'emballait brusquement après
cette égalisation. Sans être rayonnante surtout en défense où les latéraux
Sékou Sangaré et Sammy Traoré peinaient à contenir les assauts des
attaquants marocains, l'équipe malienne, imposa son jeu en milieu de terrain,
avec Vincent Doukantié et David Coulibaly.
Le
strasbourgeois et le joueur de Chateauroux, récitant un remarquable jeu tout en
technique et en déviation ont complètement étouffé des marocains dont le
style, beaucoup moins athlétique que celui des Sud africains, convenait
beaucoup plus aux nôtres. Le duo de milieux offensifs cherchait coûte que coûte
à solliciter au maximum Bassala Touré et Mamadou Bagayoko en attaque. Cinq
petites minutes après l'égalisation, Doukantié réussit à joindre Bassala
Touré sur le flanc gauche. Le malien de Grèce fit ravage dans sa zone de prédilection,
fixe la défense, avant d'envoyer une passe au premier poteau et Bagayoko,
surgit et de la tête mit le ballon hors de portée du portier Benzekri Idriss.
Patients, disciplinés, les maliens faisaient circuler le ballon avec une
aisance remarquable, mais butaient sur une équipe marocaine bien regroupée.
Les Lions s'accrochaient, luttaient sur chaque ballon et bloquaient les
offensives maliennes. A l'opposée, la relance demeurai une problématique pour
la défense malienne. Bassala blessé céda sa place à Seydoublen Kéita. La
rentrée du Lorientais compliqua un peu les choses pour les nôtres. Répugnant
à l'abordage frontal, Seydou Kéita couvrait tout le terrain, négociant tous
les ballons, sans vraiment aider personne. Même si elle ne se créait pas
d'occasions très franches, la sélection malienne poursuivait sa domination en
milieu de terrain, contraignant jusqu'à la pause les adversaires à demeurer
alertes en défense.
Les
rentrées de Aboulie Camara Bako, Mahamadou Dissa et Adama Coulibaly
"Police" et Mohamed Diarra Djila après la pause aux places
respectives de Sammy Traoré, Soumaïla Coulibaly, Ibrahim Thiam et Dambou Traoré,
apportèrent plus d'assurance en défense mais le jeu malien se compliqua au
milieu. Les Marocains revenus des vestiaires avec de nouvelles ambitions, décidèrent
de donner l'échange aux Aigles. Ils s'y prendre de façon très maladroites, en
durcissant le jeu et commirent pas mal de fautes. En cédant la clé de la
technique dans laquelle, ils excellent le plus, pour s'engager dans un jeu
physique, les Marocains perdirent très vite leurs bonnes aptitudes tactiques et
leur sang froid. Les coéquipiers de Vincent Doukantié, qui avaient compris
l'inquiétude des adversaires, surent avec panache gérer leur avantage jusqu'au
coup de sifflet final du référée Seydou Kéita. Il est vrai aussi que
l'expulsion de Boucetta Idriss à neuf minutes de la fin, pour flagrant délit
d'anti-jeu sur Seydoublen, était illustrative de l'état d'esprit d'une équipe
marocaine au mental trop fragile.
Coelho
s'est réfusé de tout commentaire après la rencontre, s'en prenant à
l'arbitrage. Dommage pour une équipe quia fait forte impression au public
malien.
L'opération
séduction des expatriés a donc été une réussite. Et Henry Kasperczak aura
compris, que sa mission se résumerait à apporter plus d'humilité, d'abnégation,
de combativité, de rigueur et de solidarité autant de qualités pour permettre
aux Aigles du Mali de faire sensation à la CAN.
M. N. TRAORE
Vendredi 12 octobre 2001 Mali-Afrique du
Sud 2-0 Buts de Mahamadou Dissa (27è et Alfousseini Karembé (83è).
Bon
sifflet de Moussa Kanouté, Seydou Traoré et Modibo Coulibaly.
Mali : Hamet Diallo, Cédric
Kanté (Sékou Sangaré), Adama Coulibaly, Ibrahim Thiam, Mahamadou Diarra,
Bassala Touré, Soumaïla Coulibaly (Alfousseini Karembé), Djibril Sidibé (Dambou
Traoré), Seydou Kéita, Abdeoulaye Camara, Mahamadou Dissa - Entraîneur :
Romano Matté.
Afrique du Sud :
Paul Evans, Tshepo N'Tswane, Nasief Morris, Hilton Jordan, Phil Massinga cap,
(N'Kosjmatni Nheko), Jimmy Khauleza (David Radebé), Petr Rabolélé, Helman N'Kalélé,
Molefe Motloung, David Kannemayer, Sibusiba Mazibula (Goodman Mazibuka), entraîneur
: Epherain Mashaba
Dimanche 14 octobre 2001 Mali bat Maroc :
2-1 But de Vincent Doukantié (8è), Mamadou Bagayoko (16è) Mali ; Bekkari Adil
(11è) pour le Maroc.
Expulsion
de Boucetta Driss (81è).
Arbitrage
moyen de Seydou Kéita assisté par Dramane Danté et Moussa Bendeka Diabaté 4è
assistant Moussa Kanouté.
Mali : Abdoulaye
Diakité, Boubacar Diarra, Vincent Doukantié, David Coulibaly, Sammy Traoré, (Abdoulaye
Camara), Sékou Sangaré, Ibrahim Thiam, (Adama Coulibaly), Dambou Traoré,
Bassala Touré (Seydou Kéita), Mamadou bagayoko, Soumaïla Couliba (cap), (Mahamadou
Dissa) - Entraîneur : Romano Matté
Maroc : Benzekri Driss,
Ben Mahamoud Rachid cap, Romani Akran, Bouals Ali, Qassami Omar (Boucetta Driss),
Kharborch Mohamed, Kaïssi Abdelkrim (Mouataz Hassam), Elassas Otman, Bekhari
Adil, Rachid Roki. Entraîneur : Humberto Coelho (Portugal). |