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TOURNOI INTERNATIONAL DE BAMAKO:
Les Aigles rassurent
Les Aigles du Mali ont
enregistré, dimanche dernier, leur seconde victoire dans le Tournoi
international de Bamako organisé à l'occasion de l'inauguration du Stade du 26
mars de Bamako. Pour leur 2e sortie, les Aigles ont, en effet, battu 2-1 les
Lions de l'Atlas du Maroc. La sélection nationale du Mali a ouvert le score dès
la 8e mn sur un coup franc magistralement tiré par Vincent Doukantié. Deux
minutes plus tard, les Marocains ont remis les pendules à l'heure par Rachid
Roki sur un corner mal négocié par le portier malien, Abdoulaye Diakité.
Nullement abattus,
Soumaïla Coulibaly et ses camarades ont repris la direction des opérations.
C'est ainsi que le remuant Vincent Doukantié pu adresser une excellente passe
à Bassala Touré dont le centre fut victorieusement repris de la tête par
Mamadou Bagayoko. Nous étions à la 14e mn. Le score n'évoluera plus jusqu'à
la fin de la rencontre.
Pour ce second match du
Tournoi international de Bamako, le coach Romano Matte a donné la chance à
ceux qui n'avaient pas été titularisés lors de la première journée. C'est
ainsi qu'Abdoulaye Diakité, Sékou Sangaré, Boubacar Diarra "Becken",
Vincent Doukantié, David Coulibaly, Samy et Dambou Traoré, Mamadou Bagayoko
ont été alignés dès le départ.
Après un début difficile, cette sélection largement remaniée a dominé le
jeu. Seul maître à bord, Soumaïla Coulibaly s'est beaucoup dépensé pour
colmater les brèches et a surtout servi de courroie de transmission entre ses
camarades.
L'entrée de Seydou Kéita à la place de Bassala Touré blessé lui a permis de
souffler et surtout de beaucoup peser sur la défense adverse ouvrant ainsi de
larges couloirs à Mamadou Bagayoko et à Vincent Doukantié. Mais vers la fin
de la première mi-temps, les Aigles ne se sont pas beaucoup retrouvés car le
milieu était désorganisé.
A la reprise, Samy Traoré, Ibrahim Thiam et Dambou Traoré successivement céderont
leurs places à Abdoulaye Camara "Bako", Adama Coulibaly
"Police" et Mahamadou Diarra "Djilla". Pendant de longues
minutes, les Aigles ont recherché en vain à insuffler une grande intensité à
leur jeu. Cela s'explique par le fait qu'après la sortie de Soumaïla Coulibaly,
le secteur médian ne parvenait plus à faire la liaison entre la défense et
l'attaque.
Les Marocains s'organisèrent en conséquence pour refaire leur retard. Ils
faillirent ainsi surprendre la défense malienne sur plusieurs contres.
Toutefois, les Aigles emballeront la partie dans les 15 dernières minutes avec
le réveil de Seydoublen qui multipliera ses gris-gris et surtout celui de
Djilla. Les poulains de Romano Matte se créeront alors beaucoup d'occasions de
saler l'addition.
Mais ils ne parvinrent malheureusement pas à les concrétiser. Acculés et
blessés dans leur orgueil, les Lions de l'Atlas trouveront refuge dans les
actes d'anti-jeu et la provocation afin de casser le rythme de la rencontre. Ce
qui n'est pas surprenant car les Maghrébins sont passés maîtres dans l'art de
la tricherie pour énerver et piéger leurs adversaires. En tout cas, les
Marocains ont terminé la partie à 10, Boucetta Driss ayant été expulsé (37e
mn) pour avoir volontairement agressé Seydou Kéita.
Aigles du Mali : l'ossature est là
Avec deux victoires en
autant de rencontres, les Aigles du Mali ont plané haut sur le Tournoi
international inaugural du Stade du 26 mars de Bamako. Grâce à cette belle
prestation, l'incertitude a cédé la place à l'espoir. Les Maliens sont
maintenant assurés de disposer d'une sélection nationale compétitive sur
laquelle ils peuvent compter à la Can 2002.
Les 19 expatriés qui avaient fait le déplacement ont été vus à l'œuvre. Il
est aisé de constater que Seydou Kéita, Ibrahima Thiam, Bassala Touré,
Mahamadou Diarra, Mahamadou Dissa, Adama Coulibaly, Soumaïla Coulibaly, et dans
une moindre mesure, Abdoulaye Camara épousent actuellement la grande forme. Ils
ont gagné en maturité et en confiance.
Quant à Vincent Doukantié, il a été la grande révélation de la seconde
rencontre. Véloce et intrépide, il a marqué un beau but sur coup franc et a
été à l'origine de la seconde réalisation des Aigles.
Boubacar Diarra, Mamadou Bagayoko, Cédric Kanté, Djibril Sidibé, Alfousseyni
Karembé, David Coulibaly et Dambou Traoré, dans une moindre mesure, se sont également
montrés à la hauteur de la confiance placée en eux.
Les deux locaux, les portiers Hamet Diallo et Abdoulaye Diakité, ont rassuré même
si on note toujours des imperfections dans leur jeu.
Seuls Sékou Sangaré et Samy Traoré sont malheureusement passés à côté du
Tournoi international de Bamako.
Avec ces expatriés, ont peut espérer sur une prestation honorable des Aigles
du Mali à la Can 2002. Et si le programme de préparation rendu public est
rigoureusement respecté, il est sûr qu'avec le nouvel entraîneur, Henri
Kasperczak, la sélection nationale retrouvera très rapidement l'homogénéité,
la rigueur, la vivacité, la clairvoyance et l'efficacité dont elle a besoin
pour être réellement compétitive.
Le nul de l'honneur !
Les Bafana-Bafana
d'Afrique du Sud et les Scorpions de la Gambie se sont neutralisés (2-2) au
cours de la seconde opposition de la dernière journée du Tournoi international
de Bamako. Les deux réalisations sud-africaines sont l'œuvre de Nkosimatmi
Nhleko.
Les Gambiens ont marqué par Arthur Gomez également auteur d'un doublé. Les
Scorpions ont longtemps menés au score (2-1). Mais vers la fin de la rencontre,
ils se sont physiquement effondrés subissant ainsi la pression de Phil Massinga
et ses camarades qui parviendront ainsi à établir la parité (2-2).
Ce beau match nul permet ainsi à ces deux sélections nationales de sauver
l'honneur. On se rappelle que lors de la première journée, l'Afrique du Sud et
la Gambie avaient été respectivement battus par le Mali et le Maroc sur le
score identique de 2-0.
Les quatre sélections participantes à ce tournoi inaugurale du Stade du 26
mars ont toutes reçu des trophées de participation. D'une manière générale,
cette compétition a été d'un niveau technique élevé.
Moussa Bolly
Debats télévisés
Le
15 février 2000, le président Konaré confiait la conduite de l'action
gouvernementale à Mandé Sidibé, précédemment conseiller spécial à la présidence
de la République. Le lendemain, un homme politique bien connu de la place nous
confiait ceci : "j'ai pitié de ce monsieur, il ne s'en sortira pas, le
terrain est miné". Les propos pourraient paraître exagérés, mais ils
traduisaient la situation préoccupante qui prévalait alors dans le pays.
La
situation économique restait tendue, les revendications catégorielles
montaient en puissance, les relations avec les institutions financières
internationales n'étaient pas au mieux, contrairement aux déclarations
officielles, sans compter la crise scolaire récurrente. Dans ces conditions, il
était évident que Mandé Sidibé ne bénéficierait pas d'état de grâce.
Près
de vingt mois plus tard, si la situation reste fragile, on peut espérer que le
pire est derrière. Il est vrai que la situation économique reste déprimée
avec les chocs extérieurs, que l'on n'est pas sorti de l'auberge avec l'école,
que l'incertitude règne quant à l'organisation des prochaines élections de
2002. Mais l'atmosphère est moins "apocalyptique" qu'il y a deux ans.
Le Pacte de solidarité pour la croissance et le développement a considérablement
contribué à détendre le front social, un relatif climat de confiance est
revenu sur le plan politique avec l'instauration d'un cadre de concertation
entre le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités
locales et les partis politiques, la même confiance est revenue avec les
institutions de Bretton Woods, le tout sur fond d'une reprise économique annoncée.
Bien
entendu, tout le mérite ne revient pas au seul Mandé Sidibé, mais il est indéniable
qu'il y est pour beaucoup grâce au style qu'il a imprimé à la conduite des
affaires de l'État. En alliant le langage de la vérité à la disponibilité
d'écoute, il a su combiner deux qualités que l'on estime souvent
inconciliables : le technocrate et le politique, l'efficacité et la nécessité
d'avoir une adhésion populaire aux actes posés. C'est ainsi que lors de sa
première "comparution" à "Questions d'actualité" à
l'Assemblée nationale, il révélait sa vision des choses : le gouvernement
sera à l'écoute de toutes les revendications et y répondra dans la mesure de
ses moyens ; mais pas question de compromettre l'avenir pour satisfaire des
doléances immédiates, même si elles sont fondées.
Discret,
il a été pratiquement absent des médias depuis sa nomination à la Primature.
A l'occasion de la rentrée, il vient de faire sa première grande sortie médiatique
à travers une édition spéciale de l'émission "Actu-Hebdo" de l'ORTM.
C'était face à Gaoussou Drabo, Sidiki Konaté, respectivement directeurs de l'AMAP
et de l'ORTM et Adam Thiam chroniqueur au "Républicain". La situation
économique et financière, le social, la politique et l'école ont constitué
les grands thèmes de ce débat enregistré mardi au Palis des Congrès.
Pour
commencer, l'économie. Mandé Sidibé a confirmé sa maîtrise en la matière
en faisant une analyse lucide de la situation. Pour comprendre ce qui nous est
arrivé, Mandé Sidibé a tenu à rappeler les principaux éléments caractéristiques
de notre économie. Une économie fondée essentiellement sur le secteur
primaire (46 % du PIB), peu intégrée, des infrastructures de base peu développées,
des entreprises publiques pas performantes. A cela s'ajoutent d'autres facteurs
comme la médiocre qualité des ressources humaines et le degré d'ouverture très
élevé de l'économie. Toute chose qui rend le pays particulièrement vulnérable
aux chocs aussi bien extérieurs (prix des matières premières) qu'intérieur
(aléas climatiques), comme c'est le cas actuellement.
Interrogé
sur le déficit lourd accusé par le budget d'État de 2001 rectifié (environ
70 milliards de FCFA, contre quelque 46 milliards initialement prévus), le
Premier ministre a justifié cela par les gros efforts faits pour soutenir le
secteur du coton, les dépenses électorales revues à la hausse, les
subventions accordées à certaines entreprises publiques comme l'EDM. Donc ce
sont des facteurs conjoncturels. En fait, l'économie malienne a atteint un tel
degré de stabilité macro-économique qu'il ne s'agit plus d'une
restructuration financière de l'État. Les bases solides sont jetées pour que
l'État n'ait plus de problème avec ses dépenses courantes. Le défi consiste
maintenant à promouvoir les investissements.
Toujours
au chapitre de l'économie, le chef du gouvernement a rassuré que les
ressources obtenues de l'Initiative PPTE (plus de 20 milliards prévus pour le
budget 2002) iront bien dans l'amélioration des indicateurs sociaux de base (éducation,
santé, accès à l'eau potable, etc..). Quant à la crise du secteur du coton,
l'un des principaux responsables de nos malheurs actuels, Mandé Sidibé se veut
rassurant. Le premier souci du gouvernement dans cette crise a été de rétablir
la confiance avec les producteurs. Ce qui a été fait avec le protocole
d'accord et les États généraux du coton qui ont suivi. L'État a promis
d'acheter le coton à 200 F le kilo pour la campagne 2001-2002 et il tiendra cet
engagement, même si la tendance actuelle de baisse des cours mondiaux se
poursuivait.
Et
l'avenir de la CMDT ? Dans un premier temps, il s'agit d'assainir la
gestion de la société. Ensuite, il faut qu'elle cède certaines de ses activités
(transport, intrants) et se concentre sur les activités directement liées au
coton. A moyen terme, il est évident qu'un secteur aussi important que celui du
coton ne peut échapper au processus de libéralisation, un choix fondamental
fait par le pays. De toutes façons, l'objectif ultime recherché par le
gouvernement est de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des matières
premières. Et pour cela, il faut diversifier l'économie en développant
surtout le secteur secondaire.
Pour
boucler ce chapitre de l'économie, il a été question des privatisations. Mandé
Sidibé se réjouit du fait que le débat sur l'opportunité des privatisations
soit fini. Le choix a été fait et le processus se poursuit. L'Énergie du Mali
a déjà été cédée, un second opérateur de GSM verra le jour au début de
l'année prochaine, le processus de cession de la Sotelma est en cours, pour les
Chemins de fer, ce sera pour la mi 2002. "Notre souhait, c'est de voir les
opérateurs économiques nationaux participer au processus. Mais pour cela, ils
doivent s'organiser en se regroupant pour augmenter leurs capacités financières.
Mais déjà, l'État veille à conserver des parts dans les entreprises privatisées
pour pouvoir plus tard, les céder aux nationaux", a-t-il répondu face aux
préoccupations concernant la problématique de la place de nos opérateurs dans
ce processus de privatisation.
La
santé de l'économie conditionnant la situation sociale, venons-en à cette
dernière. Comme nous l'avons dit plus haut, la signature du Pacte de solidarité
a permis d'avoir un répit sur ce plan. Pour Mandé Sidibé, rien de durable ne
peut se faire sans la paix et sans un climat social apaisé. "C'est ce qui
a conduit à penser qu'il fallait privilégier le dialogue. Et dans ce dialogue,
les pouvoirs publics joueront la carte de la transparence et de la sincérité.
Il faut se parler pour se comprendre. L'avantage du pacte c'est que quand nous
nous rencontrons, on met les choses à plat".
Il
se réjouit du climat de confiance qui s'est installé avec les partenaires
sociaux. Mais il convient de consolider cette confiance. Bien sûr le Pacte ne
signifie pas qu'il n'y aura plus de revendications. Les gens peuvent toujours
revendiquer, l'État sera toujours à leur écoute et répondra à ces
revendications, selon ses moyens. Mais une fois de plus, pas question de
compromettre l'avenir pour des gains immédiats. Car dans ce cas qui aura gagné ?
Pour ce qui est de la mise en œuvre du Pacte, le Premier ministre a indiqué
que les commissions sont actuellement à pied d'œuvre. Des simulations ont déjà
été faites pour la nouvelle grille des salaires qui de toutes façons, n'est
pas prévue au budget de l'année en cours.
Quant
à l'école, éternelle épine dans les pieds de la IIIè République, Mandé
Sidibé attribue la crise qui la secoue à un problème structurel. La demande
est supérieure à l'offre. Donc pour régler le problème, il faut des
investissements importants pour équilibrer graduellement l'offre et la demande.
C'est dans ce sens que va le PRODEC. Et dans la gestion de l'école même, n'y
a-t-il pas une crise de confiance ? "Il y a eu beaucoup de défiance
à l'égard de l'État", admet le chef du gouvernement qui a lancé une
phrase simple, mais qui contient peut-être la clé du problème. "Chacun
doit assumer ses responsabilités, que les élèves étudient, que les
enseignants enseignent, que les gestionnaires gèrent et le gouvernement fera
son devoir". "Nous devons tout faire pour que l'année scolaire
2001-2002 marque une rupture avec le passé". Certes, la Charte qui a été
adoptée en août dernier à l'issue des journées de réflexions sur l'école
n'est pas la panacée. Mais c'est un instrument qui permettra à chacun
d'assumer ses responsabilités. En tout cas, le gouvernement ne faillira pas à
ses engagements. Le ministère de l'Éducation est en train de mettre en place
une cellule de veille qui aura pour mission de veiller à l'application de ce
qui a été convenu. De toutes façons la solution durable au problème de l'école,
c'est le PRODEC.
Enfin,
la situation politique. Le dialogue instauré à ce niveau, même s'il n'a pas
forcément réglé les problèmes, il a au moins contribué à décrisper la
situation. Pour ce qui est des élections prochaines, le gouvernement mettra
tout en œuvre pour les réussir. "Nous avons fait le RACE pour montrer à
tout le monde notre volonté d'aller sur de nouvelles bases". Il estime que
le degré de qualité du fichier électoral est acceptable. "je pense que
nous sommes partis sur de bonnes base". D'ailleurs, il y aura une révision
exceptionnelle des listes électorales qui permettra à ceux qui n'ont pas été
recensés de s'inscrire. "Franchement, à mon avis, la transparence est là.
C'est capital pour le Mali que ces élections se déroulent dans la
transparence." Est-il candidat aux élections présidentielles ?
"Vous comprendrez que ce n'est pas le lieu indiqué pour répondre à ce
genre de questions". Évidemment...
Pour
cette première grande sortie médiatique, reconnaissons que Mandé Sidibé a
fait preuve d'une remarquable prestation par sa maîtrise des dossiers, son
parler vrai et surtout sa lucidité : il faut persévérer dans le travail, il
n'y a pas de solution miracle, tout s'acquiert par l'effort et un effort commun.
Son optimisme est intact. Mais nous n'avancerons pas si notre jeunesse n'est pas
formée, si nous ne modifions pas la structure de notre économie.
S. TOGOLA |