Tourisme

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Tombouctou 2000
AU DEBUT SERA LE VERBE AFRICAIN

" Tombouctou 2000 " constitue une nouvelle façon de concevoir le tourisme culturel. Le ministre Aminata D Traoré a défendu son projet qu’on rallié de grands noms de la poésie africaine.
Contesté par les voyagistes nationaux, le programme " Tombouctou 2000 " du ministère de la Culture et du Tourisme suscite des enthousiasmes et fait des sympathisants à travers l’Afrique. C’est le premier constat qui s’est dégagé jeudi dernier au palais de la Culture où le ministre de la Culture et du Tourisme Mme Aminata D Traoré a tenu une conférence de prese sur son initiative. En effet, une organisation internationale dénommée " Gorée institute " base à Gorée au Sénégal vient d’adresser un signal fort pour soutenir l’entreprise ministérielle. Ce institut se propose d’organiser en prélude aux festivités de Tombouctou 2000, une caravane appelée " Caravane de la poésie vers Tombouctou 2000 ". Celle-ci partira de Gorée le 22 octobre prochain pour arriver à Tombouctou vers les 9 et 10 novembre 1999, après onze escales dans différentes villes sénégalaises et maliennes (Tambacounda, Kayes, Bamako, Ségou, Djenné etc.)
Comme son nom l’indique la caravane sera fondamentalement culturelle, dédiée à la poésie, aux mots, aux chants et aux danses. Selon la coordinatrice culturelle de " Gorée institute " Mme Koyo Kouoh, c’est avec le mot que l’Afrique veut entrer dans le nouveau millénaire. Car pour les responsables de " Gorée institute ", " la vie a commencé par des mots, par l’appellation, le chant, et la récitation ". D’ailleurs n’est il pas écrit dans un texte sacré qu’au " commencement, était le verbe ". C’est pourquoi la " Caravane de poésie " sera une quête des voix qui ont donné aux empires ouest africains de la gloire dans le monde entier.
Elle sera animée par neuf grands poètes venus de différents pays africains. Il s’agit de Albecaye Ousmane Kounta (Mali) Thierno Seydou Tall (Sénégal) Chirikure Chirikure (Zimbabawé) Amina Said (Tunisie), Eraf Hawad (Sahara central), Breten Breytenbach (Afrique du sud), Zein El Abdin Fouad (Egypte), Were Were Liking (Cameroun) et Antijie Krog (Afrique du sud). Ces poètes " célébreront la capacité du mot à transcender les barrières artificielles imposées par une erreur de jugement de l’homme ". Ainsi la bonne parole dans la bouche, ils relieront deux pôles saillants du continent noir, à savoir Gorée et Tombouctou, comme si le cloisonnement des frontières n’a jamais existé. Ils partageront, au cours de leur différentes escales, les mots avec les griots qui sont les maîtres de la parole africaine et des poètes locaux sous forme de récitals, des chants et des danses.
Culturelle au départ, la démarche peut s’avérer à la fin lucrative. Car il en ressortira des images qui seront portées à l’écran, des poèmes sélectionnés dans une anthologie bilingue sans oublier les photographies des prestations qui fourniront la matière pour une exposition itinérante. Ce foisonnement créatif représente un effet induit du programme " Tombouctou 2000 . On comprend donc que le ministre Aminata Dramane Traoré se soit montrée satisfaite des synergies créées par son initiative. Elle a regretté qu’un " procès étonnant et déstabilisant " ait été monté contre " Tombouctou 2000 ". Le ministre est donc montée au créneau pour s’insurger contre le comportement de ceux qui tentent de saper son entreprise alors que celle-ci n’a même pas démarré encore.
Visiblement très remontée, le cafard dans la voix, Aminata Dramane Traoré n’est pas allée de main morte contre ses détracteurs. Elle a toutefois assuré que Tombouctou 2000 aura bel et bien lieu. " S’il réussi, c’est le Mali qui en sortira grand ". Mais s’il échoue, j’aurai quand même le mérite d’avoir initié une bonne idée ", a-t-elle estimé. Elle a profité de l’occasion pour présenter son projet. "Tombouctou 2000 " sera un événement culturel et médiatique qui devra permettre au Mali de promouvoir et de partager une approche du tourisme culturel qui participe au développement humain durable. Il s’étendra sur trois ans et concernera les trois régions Nord du Mali (Tombouctou, Gao et Kidal). Son objectif est de construction d’une nouvelle vision du présent et de l’avenir, la préservation et la revalorisation du patrimoine national et l’appui à la créativité, le tout ayant comme substrat le " Maaya " (l’humanisme) et le " Jatigiya " (l’hospitalité ").
Aminata Dramane Traoré réussira-t-elle son entreprise ? En tout cas les Tombouctiens la soutiendront jusqu’au bout. Ils l’ont fait savoir par la voix du président des ressortissants de leur Région à Bamako.

M KABA

 

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LA REVOLTE DES AGENCES

Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale du tourisme, l’Association malienne des agences de voyage et tourisme (AMAVT) a organisé jeudi dernier une conférence de presse à l’hôtel de l’amitié. Cette conférence a permis à la présidente de l’Association, Mme Kindo Fatoumata Kouyaté (qui dirige aussi Timbuctours à de mettre à nu les problèmes auxquels ses collègues et elle sont confrontés.
Ainsi dans un document liminaire distribué par l’AMVT, il ressort que les journées de consultations sur le tourisme tenues en novembre 1997, avaient suscité beaucoup d’espoir chez les professionnels du secteur. En effet, le diagnostic dressé à cette occasion avait abouti à des recommandations pertinentes dont l’application devait consacrer un nouveau départ pour le tourisme malien. Cependant, note le document, force est de constater que depuis la tenue de cette journée, aucune de ces recommandations n’a encore connu un début d’exécution. Il s’agit, entre autres, de la mise en place d’un organisme tenant compte des nouvelles missions, du recrutement des cadres techniques de conceptions capables d’insuffler le dynamisme nécessaire au secteur etc.
L’Association a manifesté son net désaccord avec le ministre de tutelle, dont elle n’approuve pas l’approche basée sur les concepts de " maya " et de " diatiguiya ". Selon la conférencière, le manque d’infrastructures d’accueil et de code d’investissement, la lourde fiscalité, les tracasseries policières et les ingérences de l’Office malien du tourisme et de l’hôtellerie chargé de la promotion du tourisme constituent autant de problèmes qui freinent le développement du secteur touristique dans notre pays. La rectification de la situation nécessite des actions rapides et définitives.
Les solutions proposées par l’AMVAT vont d’une meilleure structuration du secteur en filière qui prendraient en charge la gestion spécifique de chacune des composantes (culture, infrastructures de base, transport, communication, facilitation, formation etc.) Il faudrait aussi selon l’Association s’atteler à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une politique de promotion de la destination du Mali. En d’autre termes, dira la conférencière, une réorganisation totale du secteur s’impose et cela passe nécessairement par une implication des pouvoirs publics.

M. TRAOREM. TRAORE